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Ces dernières semaines, la presse locale a immortalisé la même scène un peu partout en Bretagne. Des maires « en colère » brandissent le drapeau européen. Souvent de droite, parfois de gauche, ces élus revendiquent la mise en berne du pavillon bleu et jaune « en soutien aux agriculteurs ». Bien que peu d’étendards flottent au cœur de l’hiver, pour en éviter la dégradation due à la pluie et au vent, certains édiles annoncent même avoir retiré celui de l’Union européenne (UE) de l’édifice communal. « Les agriculteurs ont l’impression qu’on ne leur fait pas confiance et expriment un ras-le-bol envers les discutables décisions européennes. Le Mercosur a cristallisé leur colère. Ici, nous soutenons nos agriculteurs. Nous avons besoin d’Europe, mais pas à n’importe quel prix ni n’importe comment », clame Stéphane Cloarec, maire (divers droite) de Saint-Pol-de-Léon (Finistère). Candidat à sa succession en mars, l’édile défend cette action « symbolique » imitée par l’ensemble des maires de la communauté de communes.

Si la Bretagne se targue d’être le garde-manger du pays, capable de produire de la nourriture pour 22 millions de personnes, Saint-Pol-de-Léon se distingue comme l’un des centres névralgiques du modèle agricole régional. Cette partie du Finistère est le berceau d’Alexis Gourvennec (1936-2007), tumultueux syndicaliste connu pour avoir fondé la puissante coopérative agricole SICA et développé la compagnie maritime Brittany Ferries afin d’exporter la production locale outre-Manche.

Les élus de Saint-Pol-de-Léon et des alentours sont loin d’être les seuls à avoir répondu aux demandes de mise en berne formulées par les syndicats majoritaires localement : Jeunes Agriculteurs et FDSEA. Cette action a été observée un peu partout dans les campagnes de cette région historiquement pro-européenne. En 1992, la Bretagne avait massivement défendu le traité de Maastricht (Pays-bas), à rebours du reste de la France. Cet attachement à l’UE s’était encore vérifié en 2005, lors du référendum sur la Constitution européenne. Dans les couloirs du Parlement à Bruxelles, beaucoup aiment à saluer la Bretagne comme une des régions qui a « sauvé » l’institution à des moments critiques de son histoire.

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