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Le parquet de Paris a annoncé, lundi 19 janvier, l’ouverture d’une information judiciaire, pour « déterminer si des violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ont causé la mort » d’El Hacen Diarra. Ce Mauritanien de 35 ans est décédé dans les locaux du commissariat du 20e arrondissement de Paris, dans la nuit du 13 au 14 janvier, quelques dizaines de minutes après une violente interpellation.

Cette décision intervient après la « réception des premiers éléments de la procédure et du rapport d’autopsie rédigé », déclare le parquet, qui précise procéder ainsi « systématiquement lorsqu’une personne décède dans des conditions suspectes ou inexpliquées dans un lieu de privation de liberté ».

En l’espèce, le médecin légiste chargé de l’autopsie a conclu à un « décès résultant d’une défaillance cardio-circulatoire, dans un contexte d’inhalation trachéo-bronchique massive, dont la cause doit être recherchée ». Le spécialiste a également pu constater, outre des érosions cutanées au niveau des jambes, une « plaie profonde fronto-temporale droite, saignante, de 1,5 cm x 0,2 cm ». Deux jours après l’interpellation, d’importantes taches de sang restaient visibles là où El Hacen Diarra avait été plaqué et maintenu au sol par des agents de la brigade territoriale de contact (BTC) du 20ᵉ arrondissement.

Examens complémentaires

Plusieurs constats du légiste posent des questions auxquelles devront répondre des examens complémentaires, prévus pour durer plusieurs semaines : « la présence de liquide de régurgitation gastrique en quantité importante » et « une fracture de la corne du cartilage de la thyroïde “d’allure post-mortem”, sans pouvoir affirmer si elle était antérieure au décès ou consécutive à l’autopsie ». « La fracture de la corne du cartilage de la thyroïde est une lésion caractéristique de l’étranglement, avance Mᵉ Yassine Bouzrou, avocat de la famille, associée à une interpellation violente, à des images montrant une compression et aux paroles de la victime affirmant être étranglée, elle établit clairement le mécanisme du décès. » Dans une énumération détaillée, le légiste note, par ailleurs, « l’absence de signe de lutte, de lésion de défense, de prise et de maintien ».

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