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Ce jeudi 8 janvier, un maigre cortège va déambuler à Jarnac (Charente), la ville natale de François Mitterrand. Quelques officiels et une petite vingtaine de membres du Parti socialiste (PS) honoreront sa mémoire. Pour les 30 ans de la disparition de l’ancien président de la République, les « éléphants » d’aujourd’hui se sont excusés : le premier secrétaire, Olivier Faure, et le président du groupe parlementaire, Boris Vallaud, ont rendez-vous avec le premier ministre, Sébastien Lecornu, dans le cadre des discussions budgétaires. A Jarnac, on ne croisera donc que François Hollande, le président de l’Institut François Mitterrand, Jean Glavany – qui fut l’un de ses plus proches collaborateurs –, six sénateurs, dix élus locaux, mais aucun député. La direction du PS, elle, a dépêché le secrétaire national, Amin Mbarki.
Les socialistes ne manifestent pas de passion mémorielle à l’évocation de l’ancien président aux deux septennats. Il n’a pas le prestige des Jean Jaurès, Léon Blum et autres Pierre Mendès France, qui n’ont pourtant dirigé le pays que quelques mois – voire n’ont jamais gouverné en ce qui concerne Jaurès. « C’est une question de génération. Nous sommes moins dans la revendication de cet héritage que nos prédécesseurs. Il reste autour de François Mitterrand soit une admiration pour le personnage et pour sa trajectoire, soit une forme de méfiance parce qu’il a ses aspérités, ses parts d’ombre. Il est clivant pour certains, à gauche », analyse le député socialiste du Calvados Arthur Delaporte, 34 ans.
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13 commentaires
Quand on voit le peu de monde à Jarnac, on se demande si Mitterrand est vraiment un héritage important pour la gauche actuelle.
Un article qui soulève une question cruciale : comment transmettre l’héritage politique sans qu’il ne s’efface avec le temps ?
30 ans après la disparition de François Mitterrand, le Parti socialiste semble bien loin de l’héritage qu’il a laissé. Une génération se perd-elle?
Peut-être que les jeunes générations viennent simplement à l’histoire avec un regard différent. Mais la mémoire devrait rester vivante.
Les valeurs de la gauche mitterrandienne ne sont plus incarnées aujourd’hui. Dommage.
Intéressant de voir comment la mémoire collective évolue. Mitterrand était-il si populaire à son époque ?
Il l’était assurément. Mais les enjeux politiques ont beaucoup changé depuis.
Un hommage discret pour un président qui a marqué l’histoire. Pourrait-on en dire autant de la gauche actuelle?
La gauche d’aujourd’hui semble effectivement plus divisée que jamais. Mitterrand aurait-il pu l’unifier?
Un hommage sobre mais touchant. Mitterrand méritait mieux que cette indifférence actuelle.
Pourquoi les jeunes militants ne se sentent-ils plus concernés par la figure de Mitterrand ? Est-ce une question de génération ou d’évolution idéologique ?
Les deux, probablement. Les enjeux politiques ne sont plus les mêmes.
La gauche française a-t-elle vraiment tiré les leçons de l’ère Mitterrand ?