Listen to the article

0:00
0:00

Le président du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, a lancé, mercredi 7 janvier, un avertissement à Emmanuel Macron en affirmant que s’il « votait pour » l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur, il prendrait le « risque d’une censure du gouvernement » de Sébastien Lecornu.

Cette mise en garde s’ajoute à une série d’autres commentaires de personnalités politiques, de La France insoumise au Rassemblement national, qui exhortent le président de la République à ne pas accepter cette semaine cet accord commercial avec le bloc latino-américain dénoncé, notamment, par les agriculteurs français.

« Ce que je dis solennellement, c’est que si le président de la République vote pour le Mercosur, après toutes ses déclarations, il prend le risque d’une censure », a affirmé l’ancien ministre de l’intérieur lors d’une conférence de presse où il a présenté son programme économique.

Le patron de LR a refusé d’appeler d’ores et déjà la cinquantaine de députés de son parti, avec qui il entretient des relations tendues, à voter la censure du gouvernement, assurant qu’il « faut d’abord voir quel sera le vote du président de la République ».

Emmanuel Macron s’était félicité en décembre du report de la signature de l’accord, demandant que les « avancées » réclamées par la France se concrétisent afin que « le texte change de nature ». Pour la France, « le compte n’y est pas », a redit le gouvernement mercredi matin, juste avant une réunion des ministres de l’agriculture des Vingt-Sept.

« La France doit refuser l’accord »

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a tenté mardi un geste pour désamorcer les tensions, en proposant une rallonge budgétaire dans la prochaine politique agricole commune (la PAC 2028-2034) de l’UE, en débloquant de façon anticipée 45 milliards d’euros dès 2028. Emmanuel Macron a aussitôt « salué » sur X cette annonce de Bruxelles, y voyant « le résultat » de la « mobilisation déterminée » de la France et de son propre « engagement constant » pour les agriculteurs.

Mais il s’est attiré une série de critiques sur le même réseau. « Macron agite le hochet des aides de la PAC pour faire avaler la pilule du Mercosur. Désolé M. Macron, mais ça ne passera pas », a raillé mercredi le député de gauche, ancien LFI, François Ruffin.

Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a aussi accusé l’exécutif de vouloir « faire passer pour une victoire le maintien au même niveau des aides de la PAC pour tenter de faire avaler l’accord de libre-échange avec le Mercosur ». « Pas question », « la France doit refuser l’accord », a affirmé le député, rappelant une proposition de résolution de l’Assemblée nationale en ce sens.

Le président du RN, Jordan Bardella, a de son côté affirmé soupçonner Emmanuel Macron de « préparer les esprits à une véritable trahison de nos agriculteurs, justifiée par des “garanties” illusoires et des promesses sans lendemain ».

Partager.

Salle de presse de TheNews.re. Nous couvrons l'actualité réunionnaise et internationale avec rigueur et objectivité. Notre mission : informer les citoyens avec des analyses approfondies sur la politique, la société, l'économie et la culture.

12 commentaires

  1. La confusion politique autour de ce dossier est relevée, mais jusqu’où ira le gouvernement pour satisfaire tous les camps ?

  2. Un vote en faveur du Mercosur pourrait effectivement créer des tensions politiques. La France insoumise n’est pas la seule à s’y opposer fermement.

  3. Claire X. Richard le

    Si Macron vote pour, il risque de perdre en crédibilité auprès d’une partie de ses électeurs. Les Rocuireaux (LR) ne sont pas les seuls à mécontenter.

  4. Luc T. Moreau le

    Les déclarations de Retailleau montrent à quel point le sujet est sensible. Les tensions pourraient s’amplifier rapidement.

Laisser une réponse