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« Mangeuse de caca », « race de rat », « reste bien planquée à Dubaï » : des peines de six à huit mois de prison avec sursis ont été prononcées, mardi 10 février à Paris, à l’encontre de six personnes reconnues coupables du cyberharcèlement de l’influenceuse Maeva Ghennam.

Au lendemain de l’attaque terroriste du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, la jeune femme, suivie par près de 4 millions d’abonnés sur TikTok, publie une vidéo dans laquelle elle explique « ne pas être d’accord » avec « ce qui est arrivé à Israël ».

« Mais on en parle de tous les morts qu’il y a en Palestine ? », ajoute-t-elle. « Expliquez-moi comment [Israël] n’était pas au courant de cette attaque », continuait la Marseillaise d’origine algérienne en évoquant « l’armée la plus forte du monde ».

Son téléphone ne s’arrêtera plus de sonner pendant « plusieurs mois ». Jusqu’à « 400 fois par jour », selon son avocat, MIlyacine Maallaoui. Dans sa plainte déposée le 6 novembre 2023, la star de téléréalité (« Les Marseillais »), aujourd’hui âgée de 28 ans et absente de son procès en raison d’un « litige civil » la retenant à Dubaï, expliquait être « sous Xanax », et avoir eu peur « de se faire tuer ».

Six Français juifs, âgés de 20 à 25 ans, inconnus de la justice et insérés socialement, ont dû répondre de « harcèlement moral » devant le tribunal correctionnel les 24 et 25 novembre 2025. Un septième prévenu, âgé de 35 ans, a été relaxé car poursuivi à tort, a admis le parquet.

Les trois femmes et trois hommes condamnés ont tous reconnu avoir envoyé des messages, mais ont nié les circonstances aggravantes liées à la race et la religion. Sans se connaître, ils ont obtenu le numéro de l’influenceuse sur des groupes WhatsApp ou Telegram privés nommés « Dome de fer » ou encore « Israël Eternel ».

« Effet mortifère »

« Mme Ghennam a cherché à justifier ce qui s’était passé dès le 7-Octobre, j’ai des amis là-bas qui sont morts, qui sont envoyés à l’armée », avait expliqué à la barre Enzo B., 21 ans, qui n’était pas dans un « esprit de débat » ce soir-là.

La présidente de la 10chambre du tribunal correctionnel a rappelé dans sa décision que « la réponse à l’agressivité [n’était] pas la haine », et dénoncé « l’effet mortifère » des réseaux sociaux. La réaction viscérale des jeunes prévenus a été exacerbée par le « caractère instantané et incontrôlable » des plateformes numériques, a-t-elle également estimé.

La présidente a également tenu compte de l’absence d’antécédents judiciaires des prévenus et des regrets exprimés à l’audience, tout en les condamnant à suivre, à leurs frais, un stage de sensibilisation à la haine en ligne. Ils devront également s’acquitter d’une amende solidaire de 9 000 euros.

Pendant l’audience, les débats ont parfois donné lieu à des propos scabreux : l’expression « mangeuse de caca » ne serait pas perçue comme une insulte dégradante à Dubaï, et serait utilisée par certains influenceurs, selon Ava N., une esthéticienne de 25 ans. En réponse, Maeva Ghannam avait partagé le numéro de sa harceleuse, obligeant la jeune femme à en changer. « J’ai ressenti de la peur », avait-elle expliqué, victime à son tour de cyberharcèlement.

« Les peines ont été pensées pour être dissuasives mais elles sont sévères compte tenu de la personnalité de [Maeva Ghennam] et du contexte autour des faits », a estimé Léa Fiorentino, l’avocate de Thomas H., à l’issue du délibéré.

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