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La planète « est entrée dans l’ère de la faillite hydrique mondiale ». A quelques mois de la prochaine conférence des Nations unies sur l’eau, prévue en décembre aux Emirats arabes unis, Kaveh Madani, le directeur de l’Université des Nations unies pour l’eau, l’environnement et la santé, alerte sur la gravité des menaces qui pèsent sur l’eau douce au niveau mondial. Dans un rapport publié mardi 20 janvier, il assure que « le monde vit déjà au-delà de ses moyens hydrologiques ».

Dans ce document, le spécialiste des ressources hydriques s’appuie sur une métaphore financière pour déplorer la « liquidation » d’une « forme de capital naturel ». Dans cette analogie, les systèmes dont le renouvellement est le plus rapide – comme les lacs, les rivières ou les sols – sont comparés à un compte courant. Les glaciers sont à l’inverse assimilés à un livret d’épargne, à l’instar des nappes profondes. Pour mener leurs multiples activités, les humains puisent dans ces différentes réserves, sans que leur recharge suffise à compenser les prélèvements.

Le déséquilibre – que le rapport apparente à une insolvabilité bancaire – est devenu structurel à de nombreux endroits du globe. En surface, environ 35 % des zones humides ont disparu en un demi-siècle, et la moitié des grands lacs du monde ont vu leur superficie diminuer depuis le début des années 1990, à l’instar du Grand Lac Salé, dans l’Utah (Etats-Unis). Ces tendances concernent aussi les eaux souterraines : environ 70 % des principaux aquifères présentent des niveaux à la baisse à long terme, note le rapport. Ces masses d’eau sont très sollicitées : les nappes fournissent quelque 50 % de l’eau domestique mondiale et plus de 40 % des apports pour l’irrigation.

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