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En novembre 2019, le président Emmanuel Macron avait horrifié la communauté occidentale en déclarant l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) « en état de mort cérébrale », dans un entretien à The Economist, à la veille d’un sommet de l’Alliance atlantique. Toucher à un tel monument, pilier depuis soixante-dix ans du lien transatlantique, lui-même pilier de l’ordre international, relevait quasiment du sacrilège. La chancelière Angela Merkel marqua froidement sa désapprobation, comme elle savait le faire. Le président Donald Trump qualifia ces propos d’« insultants » et de « très dangereux » pour la France, car « personne n’a plus besoin de l’OTAN que la France ».
Les Etats-Unis ont-ils besoin de l’OTAN ? Six ans plus tard, c’est plutôt la question qui se pose, au moment où le même président Trump, en mode maître du monde, proclame sa volonté de s’emparer du Groenland, territoire appartenant à un membre de l’OTAN, le Danemark. Mettre une telle menace à exécution, avertit la première ministre danoise, Mette Frederiksen, signifierait « la fin de l’OTAN ».
En réalité, Trump n’a aucun intérêt à se défaire de l’OTAN, qui lui permet d’entretenir la dépendance militaire des Européens et surtout de remplir les carnets de commande de l’industrie de la défense américaine. Simplement, l’OTAN selon Donald Trump se rapproche d’un autre modèle d’alliance militaire, celui du pacte de Varsovie, confirmant l’hypothèse posée en février 2025, au début du second mandat de Trump, par Olivier Schmitt, professeur au Centre d’études sur la guerre de l’université du Danemark du Sud, au cours d’une conférence à la Sorbonne.
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10 commentaires
La question de la dépendance militaire entre les États-Unis et l’OTAN est complexe. Quels en sont les enjeux économiques et géopolitiques ?
Les enjeux sont immenses, notamment pour les industries de défense européennes.
L’OTAN a-t-elle encore un rôle à jouer dans un monde en mutation ? Les divergences internes risquent-elles de la fragiliser ?
Les divergences sont indéniables, mais l’OTAN reste un pilier de la sécurité transatlantique.
Les pays membres devraient peut-être repenser leur approche pour mieux répondre aux défis actuels.
Les propos de Trump sur le Groenland soulèvent des questions sur la cohérence de sa politique étrangère. Que penser de cette déclaration ?
Une telle déclaration semble contradictoire avec la stratégie américaine traditionnelle en matière d’alliances.
Les déclarations récentes de l’administration américaine sur l’OTAN suscitent des réactions vives en Europe. Comment les pays membres réagissent-ils à cette nouvelle posture ?
Les tensions actuelles rappellent que l’OTAN reste un sujet sensible, malgré son importance stratégique.
Certains pays membres semblent inquiets, mais d’autres pourraient en profiter pour renforcer leurs alliances.