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L’Allemagne, la France et la Commission européenne ont annoncé, le 18 novembre, une nouvelle initiative européenne pour l’intelligence artificielle (IA) de pointe. En tant que chercheurs, ingénieurs et entrepreneurs qui repoussent les frontières de l’IA depuis des décennies, nous sommes convaincus que l’Europe et ses partenaires non européens disposent des ressources nécessaires pour soutenir la recherche et le développement en IA de pointe, à condition de conjuguer leurs efforts et de privilégier les talents, la science et l’ingénierie. C’est essentiel, car la compétitivité et le progrès futurs pourraient dépendre de nouvelles avancées majeures.
Toute initiative novatrice en IA doit prendre en compte l’évolution du domaine au cours des dix dernières années et en tirer une leçon essentielle : quelle que soit la méthode, l’augmentation de la puissance de calcul et des données d’entraînement améliorera considérablement les résultats. C’est là que résident un fossé croissant entre la recherche privée et la recherche à but non lucratif, et l’opportunité d’une initiative capable de mobiliser financements, talents, puissance de calcul et données pour soutenir la recherche sur de nouvelles architectures et méthodes à l’échelle adéquate.
D’après notre expérience, certaines caractéristiques sont essentielles à la recherche de pointe en IA. Cette initiative ne pourra réussir que si :
- Elle se concentre sur les aspects sous-explorés de la recherche de pointe, comme les nouvelles architectures, les méthodes, la fiabilité ou les nouveaux domaines, plutôt que de chercher à rattraper son retard par rapport aux modèles les plus avancés ;
- Elle concentre les ressources sur quelques équipes agiles, regroupées dans un nombre très limité de lieux, afin de garantir que l’initiative apporte une valeur ajoutée ;
- Elle attire des talents de classe mondiale, ce qui se traduit par une direction unifiée, une bureaucratie réduite, une itération rapide, des salaires attractifs et un engagement en faveur de la science ouverte et de la liberté scientifique ;
- Elle recrute des leaders scientifiques et techniques avec des critères exigeants et un processus simple, dirigé par des personnalités éminentes et actives dans le domaine ;
- Elle se concentre sur le développement précommercial, avec un mécanisme rapide de retombées commerciales lorsque des capitaux privés peuvent prendre le relais ;
- Elle met en commun d’importantes ressources en matière de calcul, d’ingénierie et de gestion des données, soit directement, soit par le biais de partenariats public-privé.
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16 commentaires
La puissance de calcul et les données sont cruciales. L’Europe a-t-elle les infrastructures nécessaires ?
Certaines initiatives comme EuroHPC avancent, mais il reste des lacunes à combler.
Une initiative louable, mais est-ce que cela suffira pour combler le retard accumulé ?
Le retard est réel, mais une approche collaborative pourrait aider à accélérer les progrès.
L Algorithmique pousse l’Europe à investir massivement dans le logiciel pour rester compétitive dans l’IA.
C’est un point crucial, mais les politiques doivent aller au-delà des déclarations.
Les talents sont essentiels, mais l’Europe attire-t-elle suffisamment de chercheurs en IA ?
C’est un problème connu, surtout face à la concurrence des salaires américains.
L’intelligence artificielle avance rapidement. L’Europe doit-elle craindre d’être dépassée ?
La peur n’avance à rien, l’action durable, oui. Espérons que ces fonds profitent à la recherche.
Avec tous ces projets, l’Europe pourrait finalement prendre la tête dans l’IA, à condition de mieux coordonner ses efforts.
Une nouvelle initiative, mais trop de projets restent souvent en phase de prototype. Comment éviter cela ?
La clé est la coopération entre les secteurs public et privé pour une commercialisation plus rapide.
Intéressant de voir l’Europe se positionner dans l’IA avancée. Les ressources montrent-elles suffisamment de potentiel pour rivaliser avec les géants américains et chinois ?
L’Europe a toujours été forte en recherche fondamentale, la question est de savoir si elle peut accélérer l’application industrielle.
Le potentiel est là, mais les défis restent immenses, surtout en termes de financement et de coordination entre pays.