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Dans le centre commercial Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris, les fêtes de fin d’année et les soldes qui ont commencé mercredi 7 janvier ne sont plus la manne qu’ils étaient pour l’emploi : « On recrute moins que les années précédentes, et désormais plus en intérim qu’en CDD », témoigne une vendeuse des Galeries Lafayette.
S’il revient plus cher, l’intérim procure en effet davantage de flexibilité à l’employeur, quand la conjoncture se fait incertaine, et lui épargne des formalités administratives quand il s’agit de recruter au pied levé pour quelques jours. Même tendance dans l’enseigne de mode voisine Compagnie de Californie, qui n’a pris, cette année, aucun extra « ni pour Noël ni pour les soldes ». Au Petit Souk, un concept « bazar » propice aux cadeaux de Noël, deux personnes ont été recrutées en renfort en décembre, « mais pas pour les soldes », confie une vendeuse.
Certes, Paris n’est pas la France, et le textile traverse une crise particulièrement grave du fait de la concurrence des plateformes à bas prix comme Shein. Mais le constat prévaut au-delà de ce secteur et sur l’ensemble du territoire pour plusieurs raisons. D’abord les Français dépensent moins pour les fêtes : selon le baromètre Noël CSA-Cofidis, le budget moyen consacré à cette période s’est établi à 491 euros en 2025, soit 6 euros de moins qu’en 2024, tandis que le budget médian a reculé de 50 euros pour revenir à 350 euros. La majorité des ménages restreint donc ses achats, ce qui réduit les besoins en main-d’œuvre supplétive.
Ensuite, les soldes ont perdu en impact, en particulier dans le petit commerce. Le Syndicat des indépendants et des TPE, qui regroupe des artisans et des commerçants, pointe ainsi « le désintérêt croissant que suscite cette période commerciale, tant du côté de [ses] adhérents que des consommateurs », selon le délégué général Jean-Guilhem Darré. La raison tient à la succession des promotions tout au long de l’année. Aux « French Days » de septembre, qui regroupent les offres à prix cassés des grandes enseignes françaises, succède le week-end du « Black Friday » en novembre.
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7 commentaires
Les recruteurs privilégient la flexibilité, même si cela coûte plus cher. L’intérim semble désormais incontournable.
Oui, mais est-ce vraiment économiquement viable à long terme ?
La concurrence des plateformes low-cost comme Shein a clairement impacté le secteur du textile.
Les petites enseignes locales n’ont pas les moyens de rivaliser sur les prix.
Les soldes auraient dû être une aubaine pour l’emploi saisonnier, mais cette année, les commerciaux semblent se tourner vers l’intérim.
Effectivement, le CDD semble moins attractif pour les employeurs actuellement.
Cela reflète bien l’incertitude économique actuelle, non ?