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Pendant des années, elles ont subi brimades, humiliations et violences physiques sans en dire un mot à personne. Dans le secret, derrière les murs de leur couvent, sur la butte Montmartre, à quelques pas de la célèbre basilique symbole de Paris, les sœurs bénédictines du Sacré-Cœur ont été soumises à l’« emprise » et au climat « de terreur et de suspicion » de leur prieure générale mère Marie-Agnès.
Un rapport, commandé par les membres de la congrégation elle-même, en 2024, et publié dans la nuit de mercredi 14 à jeudi 15 janvier, jette une lumière crue sur les dérives sectaires provoquées par celle qui a régné sans partage pendant un peu plus de quarante ans sur les sœurs bénédictines, jusqu’à sa mort, en 2016. Les langues, elles, n’ont vraiment commencé à se délier que vers 2023, en dépit de deux visites apostoliques, l’une en 2004 et une autre en 2011-2012. Les années se sont écoulées sans que jamais les autorités romaines ou diocésaines prennent de sanction.
Pour mener à bien ce travail d’enquête, les religieuses, à commencer par leur supérieure actuelle, mère Marie-Elie Hancock, ont mandaté Hervé Giaume, ancien général de corps d’armée. Avec son équipe, et à l’aide d’un questionnaire détaillé soumis aussi bien aux 86 membres actuelles de la congrégation qu’à 28 anciennes, il a produit le premier rapport indépendant de ce genre sur une congrégation féminine.
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11 commentaires
C’est tragique de voir comment la manipulation peut s’infiltrer même dans des lieux censés être sacrés.
La foi ne devrait jamais servir à dominer autrui.
Pourquoi aucun responsable n’a-t-il été sanctionné après les deux visites apostoliques ?
C’est une question qui mérite une réponse claire.
Trailler la honte sur ces religieuses qui ont subi tant de souffrances. Espérons que justice soit faite.
Il est temps que la lumière soit faite sur ces pratiques inacceptables.
Triste réalité derrière les murs d’un couvent. Le courage des sœurs pour témoigner est admirable.
Oui, il a dû falloir beaucoup de force pour briser le silence.
Ce rapport est glaçant. Comment une telle situation a pu durer aussi longtemps sans intervention ?
Les visites apostoliques n’ont manifestement rien changé, c’est inquiétant.
La peur de parler et le système de contrôle semblent avoir été très efficaces.