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C’est un grand cahier d’écolier à spirales, qui n’a l’air de rien quand on le sort du carton conservé aux Archives de Paris sous la cote 3992W. On l’ouvre, on lit quelques lignes, et on replonge instantanément dans la stupeur, la douleur, la colère du 14 novembre 2015.
Ce matin-là vers 10 heures, Stéphane Martinet, élu du 11e arrondissement de Paris – celui du Bataclan et de plusieurs terrasses mitraillées la veille –, a vu affluer à la mairie des citoyens demandant où se trouvait le registre de condoléances. Il est remonté dans son bureau, a pris le premier cahier qui lui passait sous la main, et l’a installé sur une table à l’entrée avec un stylo et un bouquet de fleurs.
En six jours, le cahier à spirales était plein. Trois albums reliés à couverture rigide suivront, 1 325 messages en tout. Ces quatre registres qui n’ont l’air de rien sont « un monument de papier » à la mémoire des victimes, selon la formule de la journaliste et historienne Hélène Frouard, autrice d’un article à leur sujet lorsqu’elle était chercheuse au CNRS. Leur lecture noue la gorge et affecte le moral, mais réconforte et fait sourire aussi, parfois.
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17 commentaires
J’espère que ces registres seront un jour accessibles au public pour que chacun puisse lire ces témoignages poignants.
Une initiative importante pour transmettre la mémoire aux générations futures.
Trois albums reliés et 1,325 messages, c’est impressionnant. Combien de temps a-t-il fallu pour filler ce registre?
Six jours seulement, selon l’article. C’est le témoignage d’une émotion collective intense.
Difficile de rester insensible en lisant ces messages. Ils montrent la diversité des réactions face à la tragédie.
Cela prouve que la douleur peut unir des personnes de toutes espèces.
Ces registres sont bien plus qu’un simple recueil de messages, ce sont des traces historiques précieuses.
Tout à fait, ils reflètent l’état d’esprit d’une époque marquée par la douleur.
Les registres de condoléances sont souvent sous-estimés comme source historique, mais ils sont essentiels pour comprendre les événements.
Absolument, ils offrent une perspective humaine rarement retrouvée dans les archives officielles.
Je me demande combien de registres similaires existent encore dans les archives des villes touchées par des attentats.
Une question intéressante, mais difficile à répondre sans un inventaire complet des archives.
Je trouve fascinant comment un objet aussi banal qu’un cahier d’écolier a pu acquérir une telle importance symbolique.
C’est souvent le cas, les objets les plus simples deviennent parfois les plus marquants.
Quel hommage poignant à travers ces registres de condoléances. Cela montre la force de la communauté face à une telle tragédie.
Oui, ces messages sont un témoignage touchant de solidarité et de résilience.
C’est incroyable de voir comment un simple cahier a pu devenir un monument de mémoire.