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C’est un sentiment diffus, mais de plus en plus partagé : à travers le monde, inexorablement, les centres-villes, les intérieurs, les silhouettes, les films, les popstars et même les menus des bars à cocktails tendent inexorablement à se ressembler. A quoi tient cette homogénéisation effrénée de nos univers visuels ? Valentina Tanni, historienne de l’art, commissaire d’exposition et professeure associée à l’université John Cabot de Rome, autrice, notamment, de Vibes Lore Core. Esthétique de l’évasion numérique (Editions présentes, 160 pages, 18 euros), décrypte ce phénomène singulier.
Dans un article publié en 2016, le journaliste américain Kyle Chayka utilisait l’expression « AirSpace » pour décrire la façon dont des lieux à travers le monde adoptent pourtant des esthétiques similaires : logements Airbnb, galeries commerciales, cafés branchés, etc. Ce « style global » est lié, selon lui, à l’émergence des plateformes comme Airbnb, Yelp, Instagram et Pinterest. Qu’en pensez-vous ?
On peut en effet attribuer une partie de cette homogénéisation du goût au fonctionnement des plateformes. Les systèmes de recommandation reposant sur des algorithmes ont tendance à amplifier la visibilité de certains types de contenus et à les transformer en standards de référence.
Cela dit, ce n’est que la version « extrême » d’une tendance que l’on observe depuis plusieurs décennies : la globalisation des styles et des esthétiques n’est pas un phénomène nouveau, en particulier en ce qui concerne l’architecture, le design ou la mode. Elle a pris forme entre à la fin du XVIIIe siècle et la seconde moitié du XXe, dès lors que l’industrialisation, la photographie, les magazines illustrés et les Expositions universelles ont contribué à diffuser les cultures visuelles au-delà des frontières nationales. Dans la première moitié du XXe siècle, le cinéma, la publicité et le design moderne ont promu des esthétiques mondiales associées au progrès et à la modernité.
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20 commentaires
Les plateformes comme Instagram et Pinterest ont une influence énorme sur nos normes esthétiques. Comment éviter cette tendance ?
En soutenant activement les créateurs indépendants et en diversifiant nos sources d’inspiration.
Les systèmes de recommandation sont-ils vraiment en cause ou est-ce un problème plus profond ?
Cela relève d’une combinaison de facteurs, mais les algorithmes ont un rôle majeur.
C’est intéressant de voir comment les algorithmes influencent nos préférences culturelles. Est-ce que cela signifie que la créativité est en danger ?
Les algorithmes favorisent ce qui est déjà populaire, donc oui, il y a un risque d’uniformisation.
Je pense que la créativité s’adapte, mais peut-être moins librement.
Cette homogénéisation est-elle vraiment un problème ? Après tout, certaines tendances sont agréables à l’œil.
Mais celaalthia irait en l’éxpérience culturelle mondiale.
Comment les artistes peuvent-ils se démarquer dans un tel contexte ?
En innovant constamment et en évitant de suivre les tendances dominantes.
Cette uniformisation profite-t-elle à l’économie locale ou la nuit-elle ?
Elle profite aux grandes marques, mais pas toujours aux artisans locaux.
L’article mentionne Kyle Chayka. Ses arguments sur l’AirSpace sont-ils convaincants ?
Oui, surtout si on observe comment les villes se développent de manière similaire.
Les cafés branchés et les logements Airbnb ont-ils vraiment la même esthétique partout ?
En effet, même dans des endroits très éloignés, les designs se ressemblent.
Est-ce que cette tendance est irrémédiable ou pouvons-nous encore la contrer ?
Les consommateurs ont le pouvoir de choisir des alternatives, mais cela demande un effort.
En soutenant la diversité culturelle et en limitant l’emprise des algorithmes.