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La Voie est libre (LVEL), le principal collectif d’opposants à l’A69, a affirmé, jeudi 27 novembre, que le chantier de cette autoroute contestée s’est illégalement développé sur une emprise territoriale plus importante que prévu. LVEL va déposer une plainte.
Photos aériennes à l’appui, les anti-A69 du collectif estiment, dans un communiqué, qu’au minimum « 42 hectares d’emprises supplémentaires (…) ont été artificialisés par le chantier », une information que l’agence de vérification de Radio France a annoncé jeudi matin avoir pu confirmer.
« LVEL ne conteste pas qu’un projet comme celui-là nécessite des ajustements à la marge, mais conteste le fait que ces emprises ont manifestement été faites sans aucun contrôle de l’Etat », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) un porte-parole du collectif. « Ils sont tels qu’ils nécessiteraient une évaluation environnementale complémentaire avec un arrêté d’autorisation environnementale complémentaire », a-t-il ajouté.
Sollicité par l’AFP, Atosca, le futur concessionnaire de cette autoroute Toulouse-Castres qui supervise actuellement le chantier, rejette ces éléments, estimant que les zones de chantier évoquées sont « régulières ». Elles « correspondent à des secteurs couverts par les autorisations environnementales », assure Atosca, ajoutant que « les impacts éventuels ont donc été identifiés et intégrés dans le dispositif ERC (éviter-réduire-compenser) du projet ».
Bataille au long cours devant la justice
De son côté, LVEL a annoncé qu’il allait déposer une plainte « pour travaux de construction de l’ouvrage autoroutier sans autorisation » contre Atosca dans le courant de la semaine prochaine, selon l’une de ses avocates. Le collectif entend également « saisir la ministre de la transition écologique d’une demande d’expertise de l’inspection générale de l’environnement (IGEDD) et [de] suspension du chantier ».
Devenu un emblème national des luttes environnementales contre des projets jugés dépassés à l’heure du changement climatique, l’A69 fait l’objet d’une bataille au long cours devant la justice. Une audience décisive doit avoir lieu le 11 décembre devant la cour administrative d’appel de Toulouse, qui doit à cette occasion examiner au fond la validité de l’autorisation environnementale qui a permis le lancement des travaux.
Celle-ci a été annulée par le tribunal administratif de Toulouse le 27 février dernier. La cour d’appel a depuis provisoirement autorisé une reprise du chantier, dans l’attente de se prononcer sur le fond.
Dans le cadre de cette procédure devant la justice administrative, LVEL a déposé une demande de récusation de plusieurs magistrats appelés à se prononcer le 11 décembre, qui sera examinée ce vendredi.







17 commentaires
Les années de tensions autour de l’A69 montrent à quel point ce projet divise.
L’État doit assumer sa responsabilité concernant ces dépassements présumés.
Ou alors il risque de perdre la confiance des citoyens.
Heureusement, les images aériennes permettent aujourd’hui de surveiller plus facilement les dépassements, mais rien ne garantit que cela suffit.
Effectivement, la transparence est un enjeu clé dans ce genre de projets.
Si les autorités n’agissent pas, cela pourrait alimenter encore plus la défiance envers les grands projets d’infrastructure.
Une leçon à retenir pour de futures constructions.
Le concessionnaire affime que tout est régulier, mais les preuves des opposants semblent solides.
Une enquête indépendante serait la meilleure solution pour trancher.
Les ajustements à la marge sont parfois inévitables, mais sans contrôle, les risques d’abus augmentent.
C’est pourquoi les opposants insistent sur la nécessité de cadres stricts.
Une plainte déposée, mais les opposants auront-ils gain de cause ? L’affaire promet d’être longuue.
Les procédures juridiques peuvent en effet s’éterniser, surtout sur des dossiers comme celui-là.
Les dépasseent de chantier sont toujours un sujet sensible, surtout quand il s’agit d’infrastructures aussi controversées que l’A69.
Exactement, c’est pourquoi un suivi strict par l’État est indispensable.
42 hectares de plus, ce n’est pas rien, surtout pour un projet déjà controversé.
Un recours à une évaluation environnementale complémentaire serait logique, mais sera-t-il suivi ?