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Coopérer ou disparaître ? Devant l’urgence de tenter une aventure commune « face à l’arsenal médiatique de grands groupes », huit médias indépendants de différentes tailles ont choisi de s’associer pour lancer la plateforme La Presse libre, qui va voir le jour le 15 octobre. Une souscription de 19,90 euros mensuelle permettra d’avoir accès aux contenus des trois Rue89 (Bordeaux, Lyon et Strasbourg), Arrêt sur images, Politis, Next (ex-Next INpact), Reflets.info, et Mediacités, sur un seul et même espace.
Le but de cette démarche pour ces médias, dont la plupart sont classés à gauche, est de gagner en visibilité. Ils revendiquent surtout une indépendance financière et une vision partagée d’un journalisme exigeant, à l’heure où la galaxie médiatique du milliardaire Vincent Bolloré – la radio Europe 1, la chaîne de télévision CNews, les hebdomadaires Le Journal du Dimanche et Le JDNews – parle d’une même voix ultraconservatrice, et au moment où les grandes antennes audiovisuelles privées et les groupes d’information sont, souvent, adossés à un actionnaire fortuné.
« Nous voulons peser davantage sur l’agenda médiatique », explique Jean-Marie Leforestier, coordinateur général du projet. « Il s’agit de répondre à la bataille de l’opinion en proposant une pluralité de voix », complète Pierre Jacquemain, codirecteur de l’hebdomadaire Politis.
Un échec en 2022
Le défi est grand car la première tentative de plateforme commune des médias indépendants, qui s’appelait déjà La Presse libre, s’était soldée par un échec. Lancée en 2016 avec six médias partenaires, elle avait été enterrée en 2022, faute de « moyens propres dégagés », se rappelle Daniel Schneidermann, le fondateur d’Arrêt sur Images et une des chevilles ouvrières du projet. Une partie du coût de construction de la plateforme a pu être financée par 60 000 euros de subvention du Fonds pour une presse libre, le fonds de dotation qui détient le capital de Mediapart. Cette fois, trois salariés travailleront pour la plateforme.
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10 commentaires
Une expérimentation audacieuse pour ces médias. Reste à savoir si le public sera prêt à payer pour un accès regroupé.
La confiance du public est cruciale, surtout dans un environnement où les fake news pullulent.
Cette initiative est encourageante, mais comment vont-ils attirer de nouveaux abonnés face à la domination des grands groupes médiatiques?
La qualité du contenu et la transparence financière pourrait être un atout, mais la bataille sera rude.
Un journalisme exigeant, comme ils le prétendent, ne doit pas se réduire à une simple alternative politique. L’équilibre est fragile.
Je suis d’accord, mais dans un paysage médiatique dominé par des intérêts financiers, la polarisation est souvent une stratégie de survie.
Intéressant projet qui montre la difficulté pour les médias indépendants de survivre financièrement. Une coopération peut-elle vraiment garantir leur indépendance éditoriale?
La question de l’indépendance se pose effectivement, mais la mutualisation des ressources est peut-être leur seule chance.
La plateforme La Presse libre pourra-t-elle rivaliser avec les géants du secteur? Les enjeux économiques sont énormes.
Les défis sont immenses, mais l’union fait souvent la force. À voir si cette alliance portera ses fruits.