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Début janvier, j’ai participé à un colloque de mathématiques à Washington. Ces Joint Mathematics Meetings se présentent comme le plus grand rassemblement de mathématiciens au monde. Environ 6 000 participants, des centaines de conférences, une multitude de salles fonctionnant en parallèle. Une véritable fourmilière, aux allures parfois de foire commerciale. Presque tous les participants travaillaient aux Etats-Unis.
Je m’attendais à ce que de nombreuses interventions, ou au moins des discussions informelles, abordent une question qui me semblait inévitable : l’influence de la politique actuelle des Etats-Unis sur la science. Les coupes budgétaires engagées dans plusieurs domaines, la remise en cause de certains programmes de recherche et la restriction de thèmes jugés sensibles me paraissaient devoir peser sur les esprits. Or, il n’en fut rien. Je n’ai entendu aucune allusion publique, ni explicite ni indirecte, à la politique scientifique de l’administration Trump. Plus surprenant encore, ce silence s’étendait aussi aux conversations privées. Bien sûr, je n’ai pas parlé avec les 6 000 participants, mais la faible politisation dans un contexte pourtant lourd m’a étonné. Sidération, prudence, ou manque de solidarité avec les autres sciences ?
Je me suis demandé si cette situation ne tenait pas à l’évolution même de la recherche mathématique. Celle-ci repose désormais largement sur des contrats obtenus par des individus, parfois entourés d’un petit groupe de doctorants ou de collaborateurs. L’obtention de ces projets est devenue un critère important dans l’évaluation. La recherche devient plus fragmentée. Chacun se concentre sur son projet, le financement de celui-ci et ses échéances, et s’intéresse peut-être moins aux autres thématiques ou disciplines. Ce phénomène contraste avec une tradition plus ancienne, dans laquelle les laboratoires disposaient de financements récurrents, aujourd’hui devenus rares.
Impérialisme culturel
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10 commentaires
Uranium names keep pushing higher—supply still tight into 2026.
Good point. Watching costs and grades closely.
Production mix shifting toward Sciences might help margins if metals stay firm.
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If AISC keeps dropping, this becomes investable for me.
Silver leverage is strong here; beta cuts both ways though.
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