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MAKING WAVES – PODCAST – À LA DEMANDE
Elle a la voix rauque des fumeuses, grave et presque douce. Presque car l’on sent, tapie en embuscade, une colère profonde. Elle l’avouera d’ailleurs sans peine : « Oui, je suis en colère. » Mais d’ajouter, mezza-voce : « J’espère qu’elle est productive. » Productive, elle le fut et l’est toujours. Issue d’une famille d’avocats, Dominique Simonnot fait son droit et devient éducatrice à l’administration pénitentiaire de 1978 à 1990 : « J’allais aux “flag”, aux comparutions immédiates et j’ai été vraiment secouée en voyant l’énorme abîme entre ce qu’on apprenait en cours et ce qui se passait réellement à l’audience. »
En écrivant pour Libération et Le Canard enchaîné sur les sans-papiers et les prisons, Dominique Simonnot porte un peu plus loin la plume dans la plaie. Depuis 2020, elle est la contrôleure générale des lieux de privations de liberté. Sa mission est triple : s’assurer que les droits intangibles inhérents à la dignité humaine sont respectés ; qu’un juste équilibre entre le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté et les considérations d’ordre public et de sécurité est établi, et, aussi et surtout, prévenir toute violation de leurs droits fondamentaux. Avant que son mandat n’arrive à son terme, le 15 octobre 2026, Dominique Simonnot a voulu laisser une trace de ce qu’elle a vu et entendu pendant ces années.
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13 commentaires
J’imagine que les hypothèses sur l’immersion doivent être réfléchis et aprofondies pour des sujets aussi sensibles.
C’est certain, surtout quand il s’agit des droits fondamentaux des détenus.
Un sujet qui mérite plus d’attention, surtout dans le contexte actuel des prisons surpeuplées.
Effectivement, les conditions de détention sont un problème récurrent mais souvent ignoré.
Une contrôleure générale des libertés qui parle avec franchise, cela se remarque toujours.
Son honnêteté est rafraîchissante dans un domaine souvent opaque.
Intéressant de voir un podcast aborder les conditions de détention avec cette profondeur.
J’espère que ça fera réfléchir ceux qui croient au système unique.
Oui, c’est rare de trouver des reportages qui ne tombent pas dans la partialité.
La voix de Dominique Simonnot transmet une émotion palpable, presque palpable.
Ses expériences passé en font une narratrice crédible et engagée.
Un peu sceptique sur l’impact réel d’un podcast, mais franchement, tout obtenant plus de visibilité c’est bien.
Moi aussi, mais parfois les choses changent grâce à des prises de conscience collectives.