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Son choix valait tous « les sacrifices », même les plus difficiles. C’est ce que pense encore Ahmed, un Egyptien de 31 ans qui ne souhaite pas donner son nom. Il se souvient qu’à son arrivée en Libye, sa femme lui avait annoncé qu’elle était enceinte. Ahmed venait tout juste de quitter El-Mahalla El-Koubra, une cité industrielle au nord du Caire, pour un voyage sans visa vers l’Europe.
« Je ne pouvais pas retourner auprès d’elle, j’avais pris ma décision, raconte cet homme rasé de près, engoncé dans sa doudoune. Aujourd’hui, ma fille a 5 ans et je ne l’ai jamais vue. Je l’ai seulement entendue à l’autre bout du téléphone. Ça m’est insupportable. »
Ce 18 décembre au soir, Ahmed s’est assis sur un banc de la place Jean-Jaurès, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le temps d’admirer les décorations de Noël. A ses côtés, son neveu Ali, 23 ans, qui l’a accompagné dans ce long périple jusqu’en France. Ensemble, ils ont traversé pendant plusieurs jours la Méditerranée à bord d’une embarcation en direction de l’île italienne de Lampedusa pour « fuir une vie de misère », résument-ils.
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6 commentaires
Ce genre de témoignages rappelle l’urgence des réformes économiques dans ces pays.
La Libye est-elle vraiment une étape vers l’Europe ou juste un autre piège pour ces migrants ?
Intéressant de voir comment les conditions économiques poussent à prendre des risques énormes pour une vie meilleure.
Oui, mais le retour à la maison doit vraiment être un enjeu terrible.
C’est tragique quand on pense aux familles séparées pendant des années.
Les décorations de Noël doivent être étranges à apprécier quand on est un réfugié.