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L’université française fait depuis plusieurs années l’objet d’attaques répétées, médiatiques comme politiques, qui rappellent certaines dérives observées actuellement outre-Atlantique, où des pans entiers de la recherche sont sacrifiés au nom d’un nouvel obscurantisme réactionnaire. Si nous n’en sommes pas encore à la brutalité du démantèlement opéré par l’administration Trump, l’affaiblissement de notre système d’enseignement supérieur et de recherche est bien réel. Ce sont aujourd’hui nos outils de production et de diffusion des savoirs qui se trouvent fragilisés. Mais cette politique universitaire joue contre les ambitions internationales du pays.

Deux politiques convergentes, l’une budgétaire, l’autre migratoire, y contribuent. D’un côté, la mise en œuvre finale de la loi d’autonomisation des universités a transformé les budgets en dotations d’Etat couvrant à peine les dépenses de personnel. Dans de nombreux établissements, dont près de 80 % sont aujourd’hui en déficit, cela conduit à retarder ou à suspendre le paiement des vacataires, parfois même à fermer des cours. Dans notre département, ces restrictions budgétaires ont conduit à la suppression de cinq cours sur l’ensemble des trois années de licence rien que sur un semestre.

Globalement, le budget 2026 consacré au financement des établissements d’enseignement supérieur progresse de 350 millions d’euros, mais cette hausse d’environ 2 % est largement rognée par l’inflation (1,2 %) et par l’augmentation de nouvelles charges incombant désormais aux universités du fait du désengagement progressif de l’Etat (financement de la protection sociale complémentaire et du compte d’affectation spécial pensions) qui absorbent à elles seules 42 % de l’augmentation.

Ces chiffres mettent en lumière les difficultés croissantes du système universitaire qui a réduit de 20 % le budget alloué par étudiant depuis 2017, selon le calcul établi par l’économiste Lucas Chancel. Ils masquent en outre de criantes inégalités entre établissements (13 195 euros par étudiant à l’université Gustave-Eiffel, à Marne-la-Vallée, contre 3 812 à celle de Montpellier), au détriment d’une égalité d’accès à une formation publique de qualité.

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