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« Le chiffre d’affaires moyen des entreprises dirigées par des femmes est 2,4 fois inférieur à celui des entreprises dirigées par des hommes », révèle l’étude de l’Observatoire de la Confédération des PME (CPME), publiée vendredi 9 janvier, alors même qu’elles affichent une meilleure rentabilité. Un « paradoxe structurel » qui s’explique par la persistance d’un « plafond de verre », lié aux obstacles rencontrés par ces femmes pour développer leurs activités.
Les sociétés dirigées par des femmes affichent, en moyenne, une marge brute supérieure de 1,8 point à celles qui sont dirigées par des hommes, d’après l’étude. Les start-up fondées par des femmes génèrent, quant à elles, 10 % de revenus supplémentaires sur cinq ans pour un capital investi comparable, selon l’étude du Boston Consulting Group (BCG) « Why Women-Owned Startups Are a Better Bet », de 2018.
« Les structures dirigées par des femmes ne sous-performent pas, elles restent structurellement sous-dimensionnées », alerte la CPME dans son étude, pointant notamment leur accès restreint aux ressources nécessaires à la croissance. Cette difficulté tient en partie à la délicate conciliation entre leurs vies professionnelle et personnelle, dans un contexte où le partage des tâches domestiques et familiales reste inégal.
Une forme d’autocensure
Selon une enquête de Bpifrance de 2022, 37 % des conjoints des dirigeantes ne s’occupent pas de la gestion quotidienne du ménage (éducation des enfants, planification des vacances, tâches ménagères), contre 14 % des conjointes des dirigeants. S’y ajoutent les freins liés à une plus grande difficulté à défendre leurs projets face à des investisseurs majoritairement masculins, et à la tendance de nombreuses femmes à solliciter des montants de financement moins élevés, par une forme d’autocensure. Le recours au crédit, par exemple, est également moins fréquent chez les femmes dirigeantes, inférieur de 19,5 % par rapport à leurs homologues masculins.
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9 commentaires
Les données du BCG sont un signal clair. Pourquoi les investisseurs ne saisiraient-ils pas cette opportunité ?
Parce que les stéréotypes ont la vie dure, hélas.
Difficile de concilier vie professionnelle et personnelle, surtout dans un secteur aussi exigeant. Les politiques publiques doivent évoluer.
Intéressant de voir que les start-up féminines génèrent plus de revenus avec le même capital. Un investissement à ne pas négliger, non ?
C’est un argument fort en faveur d’une meilleure représentation des femmes dans les comités d’investissement.
Les marges brutes plus élevées des entreprises féminines devraient attirer plus d’investisseurs. Où est le problème ?
Les chiffres sont étonnants ! Pourquoi les entreprises dirigées par des femmes ont-elles plus de mal à accéder aux financements malgré leur meilleure rentabilité ?
Cela reflète aussi des biais inconscients dans l’industrie financière.
Le plafond de verre est encore une réalité, même en 2024. C’est un vrai frein à l’égalité.