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Acheter des emprunts vénézuéliens en 2019 ou 2020, il fallait oser. Le pays s’enfonçait dans la crise. En 2017, il avait fait défaut sur sa dette externe, après l’intensification des sanctions américaines. Pourtant, des fonds spéculatifs britanniques ou australiens y ont vu une bonne opportunité, estimant qu’un processus de normalisation politique et économique était inévitable dans un Etat situé dans la zone d’influence géographique des Etats-Unis. Et aujourd’hui, ce sont eux les rois du pétrole.
Depuis l’enlèvement de Nicolas Maduro, le 3 janvier, la dette souveraine du Venezuela et celle de la compagnie pétrolière étatique PDVSA flambent. Selon Bloomberg, les emprunts publics vénézuéliens s’échangent à environ 40 % du prix auquel ils ont été émis. Cette valeur tournait autour de 30 % une semaine plus tôt. Elle était très inférieure à 10 % en 2020. La cote de ces titres fluctue, en fait, en fonction des anticipations de quand et comment le pays pourrait négocier un remboursement partiel avec ses créanciers, préalable à un retour sur les marchés internationaux.
Personne n’imagine que Caracas va rembourser l’intégralité de sa dette. Mais si le Venezuela indemnise ses créanciers ne serait-ce qu’à hauteur de 50 % de la valeur des emprunts, en acheter à 40 %, cela reste une affaire. D’où l’intérêt soudain de nombreux investisseurs pour le Venezuela ces derniers jours : depuis le coup de force du président américain, Donald Trump, à Caracas, la perspective d’une restructuration de dette n’a jamais semblé aussi proche.
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17 commentaires
Les fonds spéculatifs jouent à un jeu dangereux, mais ils gagnent souvent sur ces marchés instables.
Avec la dette à 40% de sa valeur, c’est effectivement un pari audacieux.
Intéressant de voir comment les dettes vénézuéliennes ont évolué depuis 2020. Une récurrence des crises ?
Le Venezuela est un pays à haut risque, mais cela attire les investisseurs cherchant des rendements élevés.
Pourquoi les créanciers pourraient-ils devenir les ‘rois du pétrole’ ? La situation semble encore très incertaine.
Parce que si un accord est trouvé, leur influence économique serait majeure.
Les sanctions américaines ont-elles vraiment influencé la dynamique actuelle de la dette du Venezuela ?
Elles ont indubitablement joué un rôle majeur, en isolant économiquement le pays.
La dette à 40% de sa valeur initiale semble encore très loin d’une reprise complète. Comment expliquer cette hausse ?
Cela reflète les espoirs de régularisation avec les créanciers après l’enlèvement de Maduro.
Cette hausse des emprunts vénézuéliens est-elle vraiment surprenante, étant donné les tensions politiques récentes ?
C’est risqué, mais certains fonds y voient une opportunité en cas de changement politique.
Tout dépend de la stabilité future, mais les spéculateurs semblent croire à un règlement rapide.
Les anticipations du marché semblent trop optimistes. Un remboursement partiel sera-t-il suffisant pour calmer les tensions ?
Probablement, mais tout dépendra des modalités de l’accord.
Les créanciers internationaux doivent-ils craindre un avenir prévisible au Venezuela ?
Tout dépendra des réformes économiques et de la manière dont la dette sera restructurée.