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L’éleveur Bertrand Venteau a été élu, mercredi 19 novembre, président de la Coordination rurale (CR), avec le soutien de l’aile dure du syndicat agricole contestataire, battant la présidente sortante, Véronique Le Floc’h. « Le plus dur est devant nous. Il faut continuer à construire la CR », a-t-il dit, prévenant qu’il ne voulait « plus voir de querelles » de personnes.
Alors qu’il tançait encore, mardi soir, une équipe sortante accusée de « se complaire dans la bobosphère parisienne » au lieu « de donner des moyens aux départements », il a appelé à l’unité du syndicat. Après une campagne dure, il l’a emporté dans un scrutin assez serré, à 74 voix contre 68, selon les résultats proclamés mercredi au 32e congrès du syndicat, à Auch.
Président de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne depuis 2019, il a mis en avant son expérience de terrain et a promu un syndicat « au service des équipes départementales dans la défense des paysans ». Comme la sortante Véronique Le Floc’h, il a posé le diagnostic de la « crise de croissance » d’un syndicat qui a gonflé d’un coup, raflant notamment des voix à la puissante FNSEA.
Mais il a vertement critiqué la gestion de l’équipe sortante. « Aujourd’hui, vous avez les chambres, les départements, le national et, entre eux, il n’y a rien qui circule », a-t-il dénoncé quelques minutes avant le vote, appelant à « former les cadres » qui structureront le syndicat.
« Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau »
A l’adresse de ses soutiens, la frange dure et puissante du syndicat dans le Sud-Ouest, il a promis de continuer la mobilisation sur le terrain et de « combattre » les écologistes. « Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau », a-t-il lancé, déclenchant des applaudissements nourris dans la salle.
Dès le début, sa candidature a été soutenue par les dirigeants des places fortes du syndicat aux bonnets jaunes, du Gers au Lot-et-Garonne : les « sudistes » estiment que la percée aux élections leur est largement attribuable, portée par des actions musclées, comme la tentative de blocage de Paris en janvier ou le saccage de bureaux de l’Office français de la biodiversité.
En janvier, à l’issue d’une campagne de « dégagisme » qui a ébranlé l’alliance historique FNSEA-Jeunes Agriculteurs (JA), la Coordination rurale a obtenu près de 30 % des voix des agriculteurs (contre 20 % six ans auparavant).
Elle s’est retrouvée à la tête de 11 chambres d’agriculture et dispose désormais de confortables subventions publiques (4,02 millions d’euros), dépassant celles de la FNSEA (3,7 millions) et des JA (3,8 millions) séparément.










15 commentaires
Le fait que la campagne ait été dure ne présage rien de bon pour l’unité du syndicat.
L’unité est pourtant essentielle pour faire face aux crises agricoles.
La victoire serrée reflète les divisions internes de la Coordination rurale.
En effet, deux visions du syndicat s’affrontent, ce qui pourrait compliquer sa présidence.
Son expérience en Haute-Vienne pourrait lui donner une crédibilité pour défendre les intérêts locaux.
Espérons qu’il saura traduire cette expérience en actions concrètes.
Critiquer l’équipe sortante était facile, mais maintenant il faut des résultats.
Les agriculteurs attendent des solutions, pas des mots.
Bertrand Venteau a mis l’accent sur la défense des paysans, un discours réconfortant pour la base.
Maintenant, il faut voir s’il protégera vraiment leurs intérêts.
La Coordination rurale traverse une phase de croissance, mais aussi de tensions internes.
Cette élection était crucial pour apaiser les divisions.
L’élection de Bertrand Venteau à la tête de la Coordination rurale montre un désir de changement au sein du syndicat.
Oui, son discours sur l’unité et l’action sur le terrain semble bien accueilli.
Reste à voir s’il pourra concrétiser ses promesses face aux défis du secteur agricole.