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Le narcotrafic n’est pas un effet collatéral des régimes autoritaires contemporains. Il est devenu, dans bien des cas, leur infrastructure invisible. Il ne finance pas seulement des activités criminelles : il soutient des appareils sécuritaires, achète des fidélités, remplace des économies effondrées, maintient en vie des Etats qui, autrement, n’auraient plus ni ressources ni légitimité. Lorsque la politique cesse de produire de la légitimité, la drogue produit de la liquidité. Et la liquidité produit du pouvoir.
Le Venezuela est l’exemple le plus abouti de cette transformation. Ce n’est pas un pays producteur de cocaïne, mais l’un des principaux nœuds logistiques du trafic mondial. Aéroports militaires, ports, documents officiels, protections armées : ce qui devrait garantir la souveraineté est utilisé comme service d’Etat au narcotrafic. Le prétendu Cartel de los Soles n’est pas un cartel au sens classique : c’est une structure militaro-institutionnelle, un système de couverture permettant au trafic colombien de traverser le pays sans entrave.
Une distinction s’impose ici. Un narco-Etat au sens strict est un Etat qui ne pourrait survivre sans l’économie de la drogue. En ce sens, le Venezuela n’en est pas un : le pouvoir chaviste est né d’un régime politico-militaire fondé sur le pétrole. Mais le pays présente des formes avancées de narcoétatisation : des secteurs des forces armées gèrent des trafics de drogue et d’or, les institutions garantissent l’impunité, l’économie illégale devient plus rentable que l’économie officielle. Le Venezuela n’est pas un Etat de la drogue, mais un Etat qui utilise la drogue comme instrument de survie du pouvoir. La différence est décisive – et d’autant plus dangereuse.
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9 commentaires
Le Venezuela en tant que plaque tournante du trafic de drogue, c’est un sujet qui mériterait plus d’attention de la part des organisations internationales.
Absolument, il est crucial de comprendre les mécanismes en jeu pour proposer des solutions concrètes.
Cette analyse montre à quel point les régimes autoritaires peuvent instrumentaliser des activités illégales pour leur survie. C’est un dilemme complexe où la criminalité finanzielle devient une stratégie politique.
Est-ce que d’autres pays sont aussi concernés par ce phénomène, ou le Venezuela est-il un cas unique ?
C’est inquiétant de voir comment le narcotrafic peut se substituer à une économie légale.
Quand la politique échoue, la criminalité prend le relais. C’est un triste constat pour un pays qui avait tant de potentiel.
La corruption à grande échelle est clairement un pilier de ce système. Comment espérer un changement dans un contexte pareil ?
La distinction entre un narco-État et un État utilisant le narcotrafic pour ses propres fins est intéressante. Cela montre la complexité des relations entre pouvoir et criminalité organisée.
Je ne suis pas surpris, malheureusement. Lorsque les institutions s’effondrent, les acteurs illégaux comblent le vide.