Listen to the article
De mémoire syndicale, jamais un service de la rédaction de Radio France Internationale (RFI) s’était mis en grève seul, sans associer les autres métiers de l’antenne dans sa protestation. La première fois se profile : mardi 18 novembre, les journalistes du service international de la radio de France Médias Monde (FMM) cesseront le travail pour une durée indéterminée.
« Les salariés de ce service dénoncent depuis plusieurs mois une dégradation préoccupante de leurs conditions de travail, alors même que leurs missions demeurent essentielles dans la couverture de l’actualité mondiale », font valoir les organisations syndicales (CFDT, CFTC, CGT, FO et SNJ) dans le préavis déposé le 7 novembre. « Depuis la guerre en Ukraine, déclenchée il y aura bientôt trois ans, ou la guerre à Gaza, depuis maintenant plus de deux ans, nous partons davantage en reportage, plus longtemps, et sur des zones compliquées, explique l’un des journalistes mobilisés. Or notre service perd des effectifs. »
Le service international serait passé, selon les salariés concernés, de 16 personnes à 12 ces derniers mois, avant de remonter à 15. Si un seizième journaliste vient d’être affecté à une chronique quotidienne, son poste ne permet pas de décharger ses collègues d’une partie des permanences et week-ends travaillés − en constante augmentation ces derniers temps. Motif d’irritation supplémentaire : les primes qui accompagnent ces astreintes ne sont pas versées quand les journalistes partent en reportage, moments où ils ne comptent pourtant pas leurs heures. « Cela signifie que leurs salaires sont moins élevés quand ils vont sur le terrain que lorsqu’ils restent au siège », résume Patricia Blettery, déléguée syndicale CGT.
Il vous reste 48.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.









5 commentaires
Une grève inédite à RFI, c’est un signe fort de l’urgence à améliorer les conditions de travail.
Comment RFI compte-t-elle résoudre cette crise alors que la demande en reportages augmente ?
Ces grèves montrent que le journalisme d’investigation à l’étranger coûte cher et est sous-financé.
Même les médias internationaux ne sont pas épargnés par les difficultés du secteur, hélas.
Tant que les effectifs ne seront pas rétablis, la qualité de l’information pourrait en souffrir.