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Le Sénat a adopté largement, mercredi 26 novembre, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, dans une version remaniée et très éloignée de celle qui avait été votée par l’Assemblée nationale, laquelle s’apprête à récupérer ce texte.
Grâce à une confortable majorité de sénateurs Les Républicains et centristes, la chambre haute a voté pour ce projet, à 196 voix contre 119. Une commission mixte paritaire (CMP) va se réunir dans la foulée mercredi soir pour tenter de concilier députés et sénateurs. Elle devrait se solder par un échec, auquel cas le texte sera alors renvoyé en nouvelle lecture dans l’hémicycle de l’Assemblée, dès mardi.
Les divergences sont, en effet, nombreuses entre les deux chambres sur ce projet de budget de la « Sécu », avec un désaccord majeur concernant la suspension de la réforme des retraites, supprimée au Sénat, alors qu’elle a permis à Sébastien Lecornu d’obtenir la non-censure des députés du Parti socialiste.
Tout en saluant le « souci de sérieux budgétaire » du Sénat, le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a reconnu qu’il y avait « encore du chemin avant d’aboutir à une copie définitive et équilibrée ». La tâche sera « délicate », mais « il y a des terrains d’entente possibles », a-t-il dit.
Une copie proche de celle qu’a voulue le gouvernement
Finalement, à l’exception de cette concession sur la réforme Borne, la copie du Sénat se rapproche de celle que le gouvernement a voulue, qui a laissé la main au Parlement en renonçant à l’article 49.3, lequel permet de faire adopter un texte sans vote. Les sénateurs ont en effet abouti à un texte qui ramène le déficit de la Sécurité sociale à 17,6 milliards d’euros en 2026, selon le gouvernement, une cible quasi identique à celle qui avait été fixée par l’exécutif dans sa proposition initiale (17,5 milliards d’euros). Les députés avaient, eux, aggravé le solde à 24 milliards d’euros, avant de voir leurs débats stoppés par l’expiration des délais constitutionnels.
« Nous avons agi avec responsabilité », a salué la sénatrice Les Républicains Corinne Imbert. « Ce budget rétablit les horreurs que nos collègues députés avaient réussi à tempérer légèrement », s’est, à l’inverse, désespérée la sénatrice socialiste Annie Le Houérou.
L’ensemble de la gauche a voté contre, tandis que le groupe macroniste s’est abstenu, craignant que la position de la droite ne vienne « fragiliser les conditions d’un compromis nécessaire entre les groupes politiques ».
Les sénateurs sont notamment revenus sur l’essentiel des mesures ajoutées à l’Assemblée nationale, comme la hausse de la CSG sur le capital, obtenue par la gauche, de 2,8 milliards d’euros. Ils ont aussi procédé au rétablissement de nombreux dispositifs supprimés, comme le gel des prestations sociales et des pensions de retraite, à l’exception des pensions inférieures à 1 400 euros, qui resteraient indexées sur l’inflation en 2026.











7 commentaires
La suspension des retraites, supprimée par le Sénat, pourrait relancer les tensions politiques. À suivre de près.
C’est un point clé, effectivement. Les socialistes ne vont pas lâcher si facilement.
Encore un budget qui divise, entre réformes et prudence budgétaire. Difficile de savoir qui a raison.
Peut-être que la commission paritaire trouvera un équilibre.
Les mesures concernant la Sécurité sociale sont cruciales, surtout dans un contexte économique incertain. Espérons que les deux chambres trouveront un terrain d’entente.
C’est vrai, mais les divergences sur les retraites risquent de compliquer les négociations.
Le Sénat semble plus prudent sur le budget, mais l’Assemblée nationale a ses propres priorités.