Listen to the article

0:00
0:00

En Iran, l’ampleur du bain de sang est sans précédent. Les 9 et 10 janvier, à travers tout le pays, des millions d’Iraniens sont descendus dans la rue : ils se sont heurtés à une répression et une violence inouïes dans l’histoire moderne de l’Iran. Les forces de l’ordre, qui avaient installé des mitrailleuses de gros calibre sur des camions et des toits, ont tiré sur les manifestants, parfois situés à deux pas d’elles, semant la mort dans tout le pays.

Les autorités ont décidé de couper Internet pour empêcher la circulation de vidéos et de photos qui révéleraient au monde l’ampleur du massacre. Mais les images dont nous disposons à ce jour ainsi que les témoignages directs disent bien l’horreur absolue de la situation : hôpitaux submergés de morts et de blessés, cimetières qui débordent, cadavres gisant dans les rues. Nous avons tous vu les images de la morgue de Kahrizak, où des Iraniens, à la recherche de personnes qui leur sont chères, errent au milieu de centaines de cadavres enfermés dans de grands sacs noirs.

Les informations qui circulent jusqu’à présent ne révèlent qu’une infime fraction de ce qui s’est réellement produit. Les estimations les plus prudentes parlent de milliers de morts.

Pendant ce temps, le gouvernement iranien nous ressert la même théorie rance qu’il rabâche depuis des décennies : les manifestants ne sont pas des Iraniens ordinaires, mais des mercenaires et des terroristes à la solde du Mossad et de la CIA, et leur unique but est de semer le chaos. Après toutes ces années, comment imaginer qu’une personne sensée puisse encore prendre au sérieux ces mensonges ?

Urgence sanitaire grave

Dans les médias occidentaux règne une sorte de consensus : cette vague de manifestations aurait été déclenchée par la chute libre du rial iranien, qui a poussé les commerçants du grand bazar de Téhéran, épicentre du commerce d’appareils électroniques, à fermer boutique et à descendre dans la rue. Cette vision des choses est en partie vraie. Elle n’explique toutefois pas pourquoi, le même jour, des habitants des provinces de l’ouest du pays, comme Ilam et Kermanshah, à des centaines de kilomètres de la capitale, ont décidé d’aller manifester. Beaucoup n’avaient jamais mis les pieds à Téhéran, ni même possédé un appareil électronique autre qu’un téléphone portable de piètre valeur.

Il vous reste 65.58% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Partager.

Salle de presse de TheNews.re. Nous couvrons l'actualité réunionnaise et internationale avec rigueur et objectivité. Notre mission : informer les citoyens avec des analyses approfondies sur la politique, la société, l'économie et la culture.

18 commentaires

  1. Camille F. Martin le

    Interesting update on « Le régime de Khamenei est le pire ennemi qu’aient jamais connu les Iraniens ». Curious how the grades will trend next quarter.

Laisser une réponse