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Auteur d’une œuvre hors norme, le réalisateur hongrois Béla Tarr est mort à 70 ans, a annoncé le réalisateur Bence Fliegauf à l’agence de presse nationale MTI au nom de la famille Tarr.
Le maître du cinéma hongrois, mort à la suite d’une longue maladie, est connu pour son œuvre souvent sombre, dont Satantango (1994), une fresque de sept heures sur l’effondrement du communisme en Europe de l’Est et son déclin matériel et spirituel, adapté du roman du lauréat du Prix Nobel de littérature Laszlo Krasznahorkai, son collaborateur régulier.
Ses films étaient portés de bout en bout par un même regard pessimiste sur la condition humaine et une foi jubilatoire dans les puissances du cinéma. Encensés de longue date par Gus Van Sant, par Susan Sontag, ses films restent mal connus en France.
Avant 2003, date à laquelle Les Harmonies Werckmeister ont trouvé un distributeur, aucun de ses films n’était sorti en salles. Satantango, film fleuve et chef-d’œuvre de l’auteur, a suivi, ainsi que Damnation (2005) et L’Homme de Londres (2008). Son dernier film, Le Cheval de Turin, sorti en 2011, avait reçu l’Ours d’argent au Festival de Berlin.
La même année, le Centre Pompidou, à Paris, avait organisé une rétrospective de son œuvre en même temps que paraissait un livre de Jacques Rancière, Béla Tarr, le temps d’après, aux éditions Capricci.











17 commentaires
Les Harmonies Werckmeister reste un film inoubliable. Comme beaucoup, j’aurais aimé découvrir son œuvre plus tôt en France.
Son style était minimaliste mais d’une rare intensité. Dommage qu’il soit peu connu.
Triste nouvelle en effet. Satantango fut une expérience cinématographique unique, cruelle et magnifique à la fois.
Une disparition qui marque le cinéma d’auteur. Béla Tarr laisse une œuvre sombre mais profondément cinématographique. Bien triste nouvelle.
Ses films étaient difficiles, mais d’une beauté unique. Son héritage perdurera.
Pourquoi pensez-vous que son cinéma était sombre?
Une perte immense pour le cinéma d’art et essai. Ses films exigeants mais passionnants manqueront cruellement.
Son style était à la fois rude et d’une poésie rare.
Le cinéma de Béla Tarr était à part, entre mélancolie et puissance visuelle. Le Centre Pompidou lui avait rendu hommage en 2011.
Un autre géant du cinéma nous quitte. Béla Tarr restera dans les mémoires pour ses films long et profonds.
Ses films étaient comme une méditation lente mais puissante sur la condition humaine.
Un réalisateur d’exception dont l’œuvre mérite d’être redécouverte. Pourquoi trouve-t-on si peu de ses films en salles en France?
Ses films étaient trop exigeants pour le grand public, probablement.
Un réalisateur qui a marqué les esprits avec son regard pessimiste mais poignant. Quels sont vos films préférés de lui?
Satantango est un chef-d’œuvre absolu, mais L’Homme de Londres a aussi une force unique.
Son dernier film a marqué le cinéphile que je suis.
Quel dommage de ne découvrir son œuvre que maintenant. Son pessimisme était contagieux, mais ses images restaient gravées.