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Une grosse potion amère accompagnée de quelques douceurs. Présenté, mardi 14 octobre, en conseil des ministres, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) inflige un tour de vis aux assurés tout en améliorant certains droits, en matière de « revenus de prestations ». Le gouvernement entend « maîtriser la dynamique » des dépenses, afin de ramener le déficit des régimes obligatoires de base à 17,4 milliards d’euros en 2026 (contre 23 milliards en 2025) – son but étant de renouer avec l’équilibre avant la fin de la décennie.
En dévoilant, le 15 juillet, ses orientations budgétaires, François Bayrou, alors premier ministre, avait ouvert la voie à une « année blanche » en 2026, ce qui signifiait – entre autres – un gel des prestations sociales. Cette idée-là réapparaît dans le PLFSS. Elle permettrait une économie de quelque 3,8 milliards d’euros – en grande partie sur le dos des retraités.
Plusieurs arguments sont mis en avant par l’exécutif. D’abord, les caisses d’assurance-vieillesse (de base) sont dans le rouge, à hauteur de 6,3 milliards d’euros en 2025. En outre, les pensions ont été revalorisées à un meilleur niveau que les salaires durant les dernières années écoulées, d’après l’exposé des motifs du texte, et les retraités ont, par ailleurs, vu leur taux d’épargne s’accroître sur la période récente.
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12 commentaires
La ‘année blanche’ va frapper les retraités de plein fouet. Qui va défendre leurs intérêts contre cette cure d’austérité ?
Ce gel des prestations sociales va peser lourd sur les retraités, déjà touchés par la hausse de l’inflation. Le gouvernement aurait-il dû chercher d’autres moyens de réduire le déficit ?
Les économies promises paraissent modestes au regard des sacrifices demandés. Quelle est la crédibilité des projections du gouvernement ?
Les caisses de retraite sont effectivement en difficulté, mais faut-il pour autant pénaliser ceux qui ont cotisé toute leur vie ?
L’équilibre budgétaire de la Sécu semble toujours aussi fragile. Pourquoi ne pas revoir aussi la fiscalité des grandes entreprises ou des transactions financières ?
Bon point, mais le gouvernement préfèrera toujours les mesures d’économies sociales aux augmentations d’impôts.
Ces économies sur les prestations sociales ne sont elles que de la poudre aux yeux ? La vraie question est de savoir si le gouvernement peut vraiment tenir ses projections.
La tenue des comptes de la Sécurité sociale reste un véritable défi. Ces économies peuvent-elles vraiment suffire à assainir les finances publiques ?
Tant que les dépenses de santé et les retraites continuent de croître, les économies sur les prestations risquent d’être un pansement sur une jambe de bois.
Les retraités sont souvent la variable d’ajustement des budgets sociaux. Cette fois, ils paieront 3,8 milliards d’euros. Injuste ?
Le déficit des régimes de base va tomber à 17,4 milliards en 2026. Un objectif ambitieux, ou une promesse de plus ?
Les pensions ont été revalorisées récemment, mais l’inflation a déjà largement mangé ces gains. Le gel apparaîtra peut-être comme une mesure inique.