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Chaque année, des dizaines de prisonniers sont exécutés aux Etats-Unis, parfois au terme de décennies passées dans le couloir de la mort. Parmi les gestes qui précèdent la mise à mort, un détail, qui pourrait sembler anodin de prime abord, revêt une signification particulière : le dernier repas.
En effet, ce plat, offert quelques heures avant l’exécution, dépasse largement la dimension culinaire. Rituel codifié et largement médiatisé, il encadre symboliquement la mise à mort légale exercée par les 27 Etats américains appliquant encore la peine capitale, transformant ce moment intime en récit public. Mais que dit cette tradition du rapport des Etats-Unis à son système capital ?
Pourquoi un dernier repas avant de mourir ?
En organisant l’exécution autour de gestes réglés – un plat, la présence éventuelle d’un aumônier, la possibilité de faire une déclaration –, l’Etat cherche à inscrire la peine de mort dans un cadre ordonné, maîtrisé, présenté comme civilisé. Offrir un dernier repas à un détenu apparaît alors comme une concession minimale : « C’est une manière de réintroduire une forme d’humanité au moment précis où l’institution exerce son pouvoir le plus absolu », celui de tuer, explique la chercheuse néerlandaise Eline van Hagen, spécialiste de l’histoire de la nourriture.
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13 commentaires
Je trouve troublant que des détails aussi intimes deviennent des spectacles publics. Cela souligne le paradoxe de la peine capitale.
Tout à fait, c’est comme si l’État voulait garder le contrôle jusqu’au bout, même sur l’image qu’il projette.
Cette tradition met en lumière les efforts pour maintenir une façade de civilité dans un acte fondamentalement violent.
On voit aussi comment la nourriture devient un symbole puissant dans ces circonstances tragiques.
Cette tradition du dernier repas est vraiment fascinante. Elle montre à quel point les rituels peuvent être chargés de sens dans des moments extrêmes.
Absolument, cela révèle aussi les contradictions d’un système qui cherche à humaniser l’inhumain.
Pensez-vous que ces repas aient un impact sur la perception publique de la peine de mort ?
Un article captivant qui nous rappelle que chaque détail compte, même dans les pires moments.
Oui, et cela pose des questions profondes sur notre rapport à la justice et à la mort.
Les Etats-Unis ont vraiment un rapport très particulier à la peine de mort. Ces rituels en disent long sur leur société.
C’est certain, cela reflète des tensions culturelles et morales profondes.
Est-ce que ce dernier repas a déjà influé sur des décisions de grâce ou de clémence ?
Je n’en ai pas entendu parler, mais cela serait intéressant à explorer.