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Emmanuel Macron n’était pas à Paris, mercredi 12 novembre, lorsque les députés ont adopté l’article du budget de la Sécurité sociale qui suspend la réforme des retraites. En décalage avec le débat budgétaire qui conditionne l’avenir du pays, un déplacement à Toulouse avait été organisé « en un temps record », de l’aveu même du chef de l’Etat.
Dans l’imprimerie du journal La Dépêche du Midi, Emmanuel Macron s’est offert, deux heures trente durant, un débat très cadré avec les lecteurs du quotidien régional sur « la démocratie à l’heure des réseaux sociaux ». Comme une nouvelle tentative de reprendre pied sur la scène nationale, alors qu’il ne s’était pas adressé aux Français depuis le 13 mai, lors d’une émission sur TF1.
Comparant les réseaux sociaux au « Far West », le chef de l’Etat a plaidé pour « un âge de majorité numérique » vers 15 ans, une conviction qu’il martèle depuis janvier 2024. Il a suggéré la « levée de l’anonymat » des internautes, pour permettre la responsabilisation judiciaire, notamment celle de ceux qui « profèrent des contenus antisémites, racistes, discriminants ». Il a, enfin, défendu la responsabilisation des plateformes et la transparence des algorithmes… qui sont déjà prévues dans la législation européenne. « On n’a pas réussi à finaliser beaucoup d’affaires encore sur la base de cette directive [le règlement européen sur les services numériques, ou Digital Services Act], parce que c’est très lent, très long et parce que c’est attaqué directement, politiquement, par les grands acteurs américains », a-t-il regretté, jugeant la législation européenne « insuffisante ». Et pour cause : elle n’est, à ce stade, toujours pas appliquée.
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15 commentaires
La proposition d’un âge de majorité numérique à 15 ans me semble controverse. Cela pourrait limiter l’expression des jeunes sans réellement résoudre les problèmes en ligne.
Absolument. Une approche plus nuancée serait nécessaire pour protéger sans censurer.
Les suggestions de Macron pour encadrer les réseaux sociaux pourraient être utiles, mais sans volonté politique forte, elles risquent de rester lettre morte.
Intéressant de voir Macron aborder la question des réseaux sociaux, mais est-ce vraiment la priorité économique actuelle avec la réforme des retraites en suspens ?
Votre question est pertinente. Peut-être essaie-t-il de recentrer le débat sur d’autres sujets pour détourner l’attention.
Macron compare les réseaux sociaux au Far West, une métaphore forte. Croyez-vous que cette posture soit efficace pour rassurer les Français ?
Devenues l’arène politique par excellence, les plateformes numériques sont en effet un vrai casse-tête pour les gouvernements. Le débat mérite d’être approfondi.
Les géants du web devraient probablement assumer plus de responsabilités, mais comment les contraindre ?
La transparence des algorithmes est un point crucial. Sans elle, comment savoir si les modérations ne sont pas biaisées ?
Pourquoi ne pas se concentrer davantage sur l’éducation aux réseaux sociaux plutôt que sur des mesures coercitives ?
Une combinaison des deux approches serait probablement la plus efficace.
La levée de l’anonymat est un sujet épineux. Cela pourrait réduire certains abus, mais au détriment de la liberté d’expression.
Tout dépend des garde-fous mis en place. Un équilibre est nécessaire pour éviter une surveillance excessive.
Le sujet des plateformes numériques est complexe. Peut-être que Macron chercher à gagner des points dans l’opinion publique en abordant ce thème brûlant.
Les propositions de Macron sur les réseaux sociaux semblent plus populistes qu’efficaces, mais elles font diversion dans le climat politique actuel.