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D’emblée, Mikhaïl Chichkine interpelle et intrigue le lecteur : « A quoi sert la littérature, si elle n’a empêché ni le goulag ni l’“opération militaire spéciale” ? » L’auteur russe, depuis longtemps installé en Suisse, s’oppose par l’écriture au Kremlin de Vladimir Poutine, moqué en « patriarche dictateur ». A l’intérieur même de la Russie, des rebelles continuent de critiquer le président qui a, méthodiquement, depuis deux décennies, façonné le pays et sa société avant de les plonger dans la guerre contre l’Ukraine. Comme Mikhaïl Chichkine, ils voient « en ce moment la Russie en carré noir » – allusion au tableau de Kasimir Malevitch datant des années 1920, vision prémonitoire de la guerre et du goulag.
Face au rouleau compresseur des autorités, qui utilisent tous les relais possibles pour faire passer leurs messages et briser l’élan de la culture, ces Russes ordinaires se réfugient dans cette même culture pour s’opposer comme ils peuvent malgré la répression. De son exil, Mikhaïl Chichkine leur apporte une forme de soutien avec le recueil d’essais Le Bateau de marbre blanc, kaléidoscope de grands noms de la culture mais aussi d’événements et de symboles. En racontant et en analysant les confrontations avec le pouvoir de ces figures du passé, l’auteur loue indirectement cette « autre Russie » qui, aujourd’hui, résiste dans le secret.
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17 commentaires
Chichkine semble avoir un avis tranché sur le rôle des artistes sous la dictature. Est-il utopique d’espérer un changement par la littérature ?
Ce livre est une porte ouverte sur la Russie d’aujourd’hui. Les dissidents utilisent l’art pour exprimer ce que la censure tente d’étouffer.
C’est un combat courageux, mais nécessaire. L’art et la littérature sont souvent les seules voix libres.
Un exprime des idées audacieuses, mais est-ce que ce genre d’essai peut réellement influencer les esprits en Russie ? Les médias d’État contrôlent tellement l’information…
La résistance passe aussi par des canaux clandestins. Les idées, une fois lancées, circulent malgré tout.
Un livre qui semble essentiel pour comprendre la résistance culturelle en Russie. La littérature peut-elle vraiment changer les choses face à un régime autoritaire ?
La littérature peut inspirer, mais il faut aussi des actions concrètes pour faire évoluer une société.
Le rôle de l’art et de la culture dans les régimes oppressifs est souvent sous-estimé.
Ce recueil semble être un hommage aux dissidents russes. La culture comme seul refuge face à la répression.
Chichkine aborde des questions profondes sur l’apport de la littérature dans un contexte de guerre. J’aimerais lire ce recueil pour approfondir ma compréhension de la situation russe.
Si seulement cette situation tragique pouvait être connue et comprise par plus de gens dans le monde.
Un sujet complexe, et Chichkine le traite avec la profondeur qu’il mérite. Peut-être que la véritable influence se mesure à long terme ?
La littérature comme dernier rempart contre l’oubli. Chichkine tente de préserver la mémoire par l’écriture.
L’oubli est l’outil le plus puissant des régimes autoritaires. La littérature lutte contre cela.
Intéressant de voir comment la culture devient une arme dans cette lutte contre l’oppression. Un livre à suivre de près !
La culture a toujours été un moyen de résistance, surtout face à l’absurdité des régimes dictatoriaux.
Chichkine a raison de questionner l’efficacité de la littérature. Peut-être que son impact est plus symbolique qu’effectif ?