Listen to the article

0:00
0:00

L’astronaute Sophie Adenot a rejoint samedi 14 février, avec deux Américains et un Russe, la Station spatiale internationale (ISS) pour une mission d’environ huit mois qui marque le retour d’une Française dans l’espace après 25 ans.

Au terme de quelque 34 heures de voyage, le vaisseau lancé vendredi par une fusée SpaceX depuis Cap Canaveral, en Floride, s’est amarré à l’ISS, située à 400 kilomètres de la Terre, à 21 h 15 à Paris, selon la retransmission en direct de la NASA.

« Je suis fière d’embarquer la France et l’Europe dans cette incroyable aventure qui dépasse les frontières. Comptez sur moi pour en partager toutes les étapes avec vous et faire briller les étoiles dans les yeux des Français », a lancé Sophie Adenot peu après.

Deuxième Française à être devenue astronaute et 84e femme dans l’espace toutes nationalités confondues, elle a réalisé, à 43 ans, son premier vol spatial. A ses côtés se trouvaient les astronautes de l’agence spatiale américaine Jessica Meir, 48 ans, et Jack Hathaway, 43 ans, et le cosmonaute russe de Roscosmos, Andreï Fediaïev, 44 ans.

Une fois l’amarrage réalisé, il faut compter environ deux heures avant que les trappes permettant d’entrer dans l’ISS puissent être ouvertes, selon la NASA. Une cérémonie de bienvenue suivra avec l’Américain Christopher Williams et les Russes Sergueï Koud-Svertchkov et Sergueï Mikaïev, déjà présents dans la Station spatiale internationale, avant un briefing de sécurité.

« Prenons soin les uns des autres »

Une fusée Falcon 9 de SpaceX et un vaisseau spatial Dragon décollent dans le cadre de la mission Crew-12 de la NASA vers la Station spatiale internationale, transportant les astronautes de la NASA Jessica Meir et Jack Hathaway, l’astronaute de l’ESA Sophie Adenot et le cosmonaute russe Andrey Fedyaev, depuis le complexe de lancement 40 de la base spatiale de Cape Canaveral, en Floride, aux États-Unis, le 13 février 2026.

« Prenons soin les uns des autres, osons rêver grand ensemble et continuons à viser toujours plus haut. C’est ainsi que l’humanité progresse », avait lancé Sophie Adenot, en anglais, lors d’une retransmission vidéo du décollage, reporté de deux jours en raison de mauvaises conditions météorologiques.

A la cité des sciences de Paris, quelques centaines de personnes ont applaudi le franchissement par l’équipage baptisé Crew-12 des 100 km d’altitude, qui marquent le début de l’espace selon la convention internationale.

Confiant son « émotion brute », l’astronaute belge Raphaël Liégeois, présent lors de cette retransmission, a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) sa « fierté » de voir sa camarade de promotion, Sophie Adenot, « ouvrir la marche ».

A Toulouse (sud-ouest), fief de l’agence spatiale française (CNES), plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées à la Cité de l’espace.

200 expériences scientifiques

Ingénieure de formation et ancienne pilote d’essai, Sophie Adenot n’est que la deuxième Française à aller dans l’espace, après la pionnière Claudie Haigneré en 1996 et 2001. C’est d’ailleurs un vol de cette dernière qui lui a donné « le déclic » alors qu’elle avait 14 ans, a-t-elle récemment confié. « C’est à ce moment-là que je me suis dit : « un jour ce sera moi ». Devenue son mentor, Claudie Haigneré avait fait le déplacement en Floride pour le décollage.

Sophie Adenot a également été encouragée à distance par le président Emmanuel Macron dans une vidéo diffusée sur le réseau social X et dans laquelle apparaissent diverses personnalités, dont l’astronaute français Thomas Pesquet. Ce dernier, apprécié pour sa bonhomie, a relancé l’intérêt du grand public pour l’espace lors de deux séjours passés dans l’ISS, en 2016-2017 et en 2021.

Occupée en permanence depuis 25 ans, l’ISS constitue un laboratoire scientifique sans pareil mais aussi l’un des derniers espaces de coopération internationale entre Occidentaux et Russes. Cette aventure collaborative est néanmoins appelée à prendre fin en 2030, quand la Station spatiale internationale sera mise à la retraite, ouvrant la voie à la privatisation de ce domaine.

En attendant, les agences spatiales entendent profiter au maximum de ce laboratoire unique en son genre. Lors de sa mission, Sophie Adenot participera à plus de 200 expériences scientifiques.

Ces dernières porteront sur la microgravité, pour étudier notamment ses effets à long terme sur le corps humain, mais aussi sur l’environnement spatial. La Française testera par exemple EchoFinder, un système mis au point par le Centre national d’études spatiales (CNES), qui doit permettre aux astronautes de réaliser des échographies en totale autonomie, grâce à l’intelligence artificielle et à la réalité augmentée. Avec ses camarades, elle devrait rentrer sur Terre en octobre.

Partager.

Salle de presse de TheNews.re. Nous couvrons l'actualité réunionnaise et internationale avec rigueur et objectivité. Notre mission : informer les citoyens avec des analyses approfondies sur la politique, la société, l'économie et la culture.

7 commentaires

Laisser une réponse