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La vaccination contre la grippe ne sera pas obligatoire dans les Ehpad ni pour certains professionnels de santé. La mesure figurait au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, actuellement étudié en première lecture dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, mais les députés l’ont rejetée, samedi 8 novembre, par 108 voix contre 95.
La ministre de la santé, Stéphanie Rist (Renaissance) a acté avec « tristesse » le rejet de cet article qui prévoyait que « sous réserve d’une recommandation » de la HAS (Haute autorité de santé), la vaccination contre la grippe soit obligatoire pour les personnes résidant en Ehpad « pendant la période épidémique ».
La même obligation conditionnée à une recommandation de la HAS était prévue pour « les professionnels de santé exerçant, à titre libéral, une profession listée dans un décret en Conseil d’Etat ». Le décret devait préciser les « conditions d’exercice » des soignants et « l’exposition à des risques de contamination », notamment pour les personnes dont ils sont chargés.
« 82 % des patients en Ehpad sont vaccinés » mais « 25 % seulement des soignants sont vaccinés à ce jour pour la grippe », a pointé dans l’hémicycle Mme Rist, rappelant des obligations vaccinales existant pour des soignants contre « la diphtérie, le tétanos, la polio » ou « l’hépatite B ».
« On a encore beaucoup de boulot il me semble pour que la science revienne au cœur de notre société », a-t-elle regretté.
« Convaincre plutôt que contraindre »
Les députés Renaissance, MoDem, Horizons, Parti socialiste et Ecologistes ont quasiment tous voté pour. « C’est l’un des outils les plus efficaces de santé publique », a soutenu Hendrik Davi (groupe écologiste). Les Républicains se sont divisés (quatre pour, trois contre).
Le Rassemblement national (RN) a voté contre, ainsi que l’alliance RN-UDR. « La liberté vaccinale, pour nous, c’est un principe fondamental », a argué Christophe Bentz (RN), appelant à « convaincre plutôt que contraindre ».
Une large majorité des élus de la France insoumise (LFI) a voté contre. Estimant que la couverture vaccinale à 82 % des résidents en Ehpad est « une bonne chose », Hadrien Clouet pointé une absence de « réponse » sur le sort des résidents qui refuseraient. « Quelle est la conséquence contractuelle ? Est-ce qu’ils peuvent rester chez eux ? » (dans leur Ehpad).
« Les décisions, vont se faire en concertation avec les directeurs d’établissements, avec les comités de patients en Ehpad, pour décider de retirer ou pas les gens. Notre volonté n’est pas d’exclure des gens des Ehpad », avait déclaré un peu plus tôt la ministre.










14 commentaires
82 % de vaccinations dans les Ehpad, c’est un bon score, mais 25 % pour les soignants, c’est alarmant. La décision des députés ne résout pas ce problème.
Certes, mais les campagnes de sensibilisation pourraient être plus efficaces que l’obligation.
La ministre a évoqué une décision triste, mais elle a raison. La vaccination doit rester un choix éclairé, pas une contrainte.
Rejeter l’obligation, d’accord, mais il faudrait peut-être renforcer les incitations pour les soignants et résidents.
Tout à fait, une meilleure information et des avantages pourraient inciter davantage de personnes.
Les députés ont peut-être eu raison de refuser cette obligation, mais cela ne doit pas retarder les efforts pour améliorer les taux de vaccination.
Le rejet de cette mesure montre une fois de plus le manque de consensus sur les questions sanitaires. Dommage, car la protection des plus vulnérables mérite une approche plus stricte.
Je comprends l’intention, mais imposer une vaccination obligatoire peut soulever des questions éthiques et pratiques complexes.
Les taux de vaccination actuels laissent à désirer, mais imposer une obligation peut aussi créer des résistances inutiles.
Pourquoi une telle réticence à protéger les résidents des Ehpad ? Ce sont les plus exposés en cas d’épidémie, et des gestes simples pourraient sauver des vies.
C’est vrai, mais la liberté individuelle ne doit pas être négligée non plus. Un équilibre est nécessaire.
Cette décision montre que le débat sur les libertés individuelles est toujours aussi vif, même dans le domaine sanitaire.
La grippe en Ehpad, c’est une menace réelle. Dommage que la solution la plus évidente ait été rejetée.
Il faut espérer que des mesures alternatives seront prises rapidement pour protéger ces populations.