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Les députés ont approuvé, lundi 17 novembre, une nouvelle écriture de la taxe « pollueur-payeur » sur les PFAS, la loi promulguée contre ces « polluants éternels » étant considérée comme inopérante selon plusieurs d’entre eux. L’Assemblée a aussi insisté pour qu’elle entre en vigueur dès 2026 comme prévu, contre l’avis du gouvernement.
Promulguée en février, la loi d’initiative écologiste prévoit notamment une redevance que doivent payer les industriels dont les usines rejettent des PFAS dans l’eau, de 100 euros pour 100 grammes, à compter de 2026. Mais son application n’étant toujours pas entérinée, la députée Anne-Cécile Violland (Horizons, Haute-Savoie) a proposé un amendement au projet de budget de l’Etat pour réécrire la mesure, qui « ne permettait ni d’identifier clairement les redevables, ni de calculer l’assiette de manière fiable », a-t-elle argué.
La ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin (Renaissance), s’est dite favorable, estimant que la redevance était aujourd’hui « inapplicable » et « qu’il n’y a rien de pire pour la confiance démocratique ». Mais un autre avis favorable de la ministre a divisé jusque dans son camp, lorsqu’elle a approuvé un amendement Les Républicains visant à repousser d’un an l’entrée en vigueur de la redevance, au 1ᵉʳ janvier 2027, pour préparer le dispositif et que les entreprises puissent s’adapter. Une position qui a irrité au sein du groupe écologiste : « Tous les mois de retard (…) c’est plus de personnes qui ont des cancers, des problèmes de fertilité et qui meurent », a affirmé Marie-Charlotte Garin (Les Ecologistes, Rhône).
Agnès Pannier-Runacher (Renaissance), ex-ministre de la transition écologique, a aussi fait part de son incompréhension : « Il me semblait que quand j’ai quitté mon ministère, tout était prêt », a-t-elle pointé. Et les députés Renaissance, MoDem et Horizons ont majoritairement voté avec la gauche pour maintenir une application dès 2026.
Débats budgétaires sous haute tension
Les députés reprendront les débats sur le budget de l’Etat mardi, avec plus d’un millier d’amendements sur sa partie « recettes » au menu jusqu’à dimanche soir. En cas de rejet, l’ensemble du texte initial serait envoyé au Sénat. Mais même en cas d’adoption, le gouvernement pourrait envoyer à partir de dimanche à minuit l’ensemble du texte, modifié par l’Assemblée, au Sénat sans vote, en vertu d’un délai prévu par la Constitution.
Eric Coquerel, président La France insoumise de la commission des finances, avait demandé la poursuite des débats au-delà, mais a dit lundi soir avoir reçu une réponse négative du gouvernement. Dans un communiqué, le député a estimé que « l’Assemblée nationale risque donc, à quelques heures près, d’être privée du vote », et appelé « tous les groupes politiques » à réduire le temps des débats pour voter au moins sur la partie « recettes ».
Dans une réponse à M. Coquerel, le ministre des relations avec le Parlement, Laurent Panifous, argue qu’il restait sur le papier suffisamment de temps lundi pour que l’Assemblée vote sur les recettes d’ici à dimanche, mais que le Sénat devra aussi examiner le texte « dans les meilleures conditions possibles ». « Le respect des délais constitutionnels et organiques s’impose à tous pour garantir que notre pays puisse être doté d’un budget avant la fin de l’année », a-t-il ajouté.









21 commentaires
Une fois de plus, les industriels risquent de faire grève du zèle en attendant les dernières directives.
Malheureusement, c’est souvent le cas avec les nouvelles réglementations.
Une démarche intéressante, mais je doute que cela suffise à éradiquer ces polluants nocifs.
C’est justement le débat : taxer est-il suffisant ou faut-il interdire ?
Finalement, les PFAS ne seront taxés qu’en 2026, soit 3 ans après l’adoption de la loi. Cela ne risque-t-il pas de retarder leur élimination ?
Les délais administratifs sont souvent longs, mais ce report est clairement décevant.
La ministre des comptest publics a raison, une taxe inapplicable est pire que rien.
C’est vrai, mieux vaut une mesure claire et applicable qu’un texte vide.
Les PFAS sont appelés « polluants éternels » pour une bonne raison, il est urgent de les réglementer efficacement.
Certes, mais les solutions doivent être réalistes et pas seulement symboliques.
Taxer les PFAS est une bonne chose, mais il faut aussi des alternatives industrielles pour éviter leur utilisation.
Absolument, la taxation seule n’est pas une solution miracle.
100 euros pour 100 grammes, est-ce suffisant pour dissuader les industriels ? Certains pays appliquent des taxes bien plus élevées.
Comparons avec les voisins européens : cette taxation semble effectivement faible.
La loi initiale était-elle vraiment inopérante, ou est-ce une question d’application ?
Selon les députés, les Lacunes étaient trop grandes pour une application concrète.
Je m’interroge sur l’impact de cette taxe sur les coûts de production et donc sur les prix pour les consommateurs.
C’est une question cruciale, surtout dans un contexte inflationniste.
Cette nouvelle rédaction de la taxe « pollueur-payeur » est un pas important, mais sera-t-elle vraiment plus efficace que la précédente ?
Le gouvernement semble dubitatif, cela pourrait compliquer son application.
L’efficacité dépendra de la clarté des critères d’identification des redevables.