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C’est un de ces géants allemands prospères et discrets, dont on ne parle que quand il supprime des emplois ou décroche en Bourse : SAP, expert allemand du logiciel d’entreprise, seul groupe européen capable de se mesurer aux géants américains du logiciel comme Salesforce, attire depuis quelques semaines l’attention des journaux économiques. Depuis février 2025, date où le titre SAP avait atteint un pic, l’action a perdu 40 % de sa valeur. Un gros dévissage a eu lieu le 29 janvier, après la publication des résultats. En cause : les doutes des investisseurs sur la capacité de SAP à résister aux attaques des spécialistes de l’intelligence artificielle (IA).

L’élément déclencheur a été l’annonce d’une croissance moins élevée que prévu sur l’activité cloud, le cœur de la stratégie du groupe allemand. SAP a pourtant affiché de solides performances financières pour 2025, avec un chiffre d’affaires en hausse de 8 %, à 36,8 milliards d’euros, et une marge opérationnelle en hausse de 28 %, à 10,4 milliards d’euros.

Les performances jugées décevantes des ventes de service cloud s’expliquent notamment par les perturbations géopolitiques et les droits de douane américains. Or le moment est sensible pour SAP : l’allemand, leader mondial de la gestion des données de production des entreprises (appelée Enterprise Resource Planning – ERP), est en train de quitter son modèle traditionnel de vente par licences pour passer à une structure par abonnement, avec des données hébergées dans le cloud, comme l’avaient fait avant lui Microsoft et Adobe. Cette transition, complexe et coûteuse pour les entreprises clientes, prend du temps et se ressent sur les résultats.

La fébrilité des marchés s’explique surtout par l’interrogation fondamentale sur l’avenir de ce modèle, à l’heure où l’IA bouleverse l’industrie du logiciel. D’autres spécialistes comme Salesforce, Weekday et ServiceNow ont aussi essuyé des baisses de cours ces derniers mois. La question est de savoir si ces acteurs traditionnels du logiciel seront capables d’intégrer les fonctions d’analyse de données et d’automatisation permises par l’IA, ou bien si de nouveaux acteurs prendront le relais, captant la valeur au passage. Tout ralentissement des ventes des services cloud alimente l’inquiétude des investisseurs. Le groupe Anthropic a ainsi déclenché une vague de défiance vis-à-vis des acteurs historiques avec ses solutions pour entreprises : son produit Claude, qui rédige des lignes de code, mais aussi ses agents IA, qui fonctionnent comme des « collaborateurs numériques » capables de prendre en charge des tâches juridiques, financières, marketing ou des fonctions support.

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