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Deux petits fragments de la tapisserie de Bayeux prélevés en 1941 par un scientifique nazi ont été restitués à la France mercredi 14 janvier à Bayeux par la région allemande du Schleswig-Holstein, a appris jeudi l’Agence France-Presse (AFP) auprès du Musée de la tapisserie.
Ces deux fragments de toile de lin, longs de 1 à 2 centimètres, non brodés, avaient été découverts par hasard en 2023 dans les archives personnelles de Karl Schlabow, spécialiste des textiles anciens et directeur de musée allemand, mort en 1984, a déclaré le musée.
M. Schlabow avait été missionné par le régime nazi durant l’Occupation, à l’été 1941, pour une étude approfondie des matériaux de la tapisserie de Bayeux, jamais publiée, selon la même source. Le chercheur faisait partie de l’Ahnenerbe, un institut œuvrant à la recherche d’un « héritage ancestral » de la « race aryenne ». Les deux fragments, « vraisemblablement » prélevés par M. Schlabow, permettent selon le musée d’améliorer « la connaissance historique et scientifique de cet objet unique au monde ».
Des fragments déjà exposés en Allemagne
La tapisserie de Bayeux est un « récit brodé » sur toile de lin du XIe siècle, long de 70 mètres, qui raconte la conquête de l’Angleterre en l’an 1066 par Guillaume, duc de Normandie, futur « Guillaume le Conquérant ». Les fragments prélevés en 1941 ont été restitués mercredi par Rainer Hering, directeur des Archives du Schleswig-Holstein, qui a salué « l’importance historique du travail de l’archéologue textile qu’était Karl Schlabow ».
« C’est au cours de l’inventaire de ce fonds en 2023 qu’on a découvert une plaque de verre qui enfermait des morceaux de tissu, a-t-il expliqué ; avec d’autres documents et grâce à l’étiquetage de la plaque, il a été possible d’identifier ces fragments » comme provenant de la tapisserie de Bayeux. « Pour notre service d’archives du Land il était évident que ces morceaux de tissu prélevés par les nazis il y a quatre-vingt-cinq ans devaient être restitués à la France », a conclu M. Hering.
Avant leur retour en France, ils avaient été exposés en 2025 dans le cadre de l’exposition « 1 066, la chute des Vikings » dans les musées du Schleswig-Holstein. Un autre fragment de la tapisserie, brodé celui-là, avait déjà été restitué en 1872 par le South Kensington Museum (aujourd’hui Victoria and Albert Museum) de Londres, après avoir été prélevé en 1816 par un artiste britannique du nom de Charles Stothard, envoyé sur place pour réaliser une reproduction de l’œuvre.










12 commentaires
Ces fragments seraient-ils exposés au musée ? Ce serait un complément fascinant à la tapisserie complète.
Je l’espère, cela enrichirait l’expérience des visiteurs, ils pourraient voir comment ces petits détails s’intègrent à l’œuvre.
Étonnant de voir comment des fragments si petits peuvent avoir une telle portée symbolique.
La valeur culturelle dépasse parfois la taille des objets.
Une restitution tardive mais nécessaire. Ces fragments ont-ils été étudiés avant leur retour ?
Bien sûr, les analyses scientifiques ont dû être approfondies pour préserver leur valeur historique.
Ces fragments restitués sont un symbole fort de réparation historique. J’espère que cela permettra d’en apprendre davantage sur cette tapisserie unique.
Absolument, chaque fragment compte pour reconstituer l’histoire de ce trésor culturel.
Peut-on imaginer ce que ces fragments pouvaient représenter pour le régime nazi ? Une perplexité qui mérite réflexion.
La tapisserie de Bayeux est un chef-d’œuvre intemporel. Ces fragments apportent désormais une meilleure compréhension de son histoire.
Intéressant de voir comment des objets scientifiques peuvent avoir une telle importance historique. La tapisserie de Bayeux mérite toute cette attention.
Un geste qui montre que chaque étape de justice historique, même petite, est importante.