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Ysanis Padonou a 27 ans et, devant elle, des années de théâtre dont elle sait qu’elles buteront tôt ou tard contre la maladie de Huntington. Cette affection génétique et neurodégénérative entraîne l’effritement des facultés cognitives et motrices. Son grand-père en est mort, sa mère en souffre, elle-même devrait en être victime une fois passée la cinquantaine ; elle l’a appris en faisant le test à l’âge de 20 ans. Elle en parle en interview parce que, dit-elle : « Je vais bien et je veux qu’on sache que je peux travailler. » Elle l’a raconté au théâtre. C’était en juillet 2025, au Festival d’Avignon. Seule sur un plateau blanc, la comédienne se projetait avec un aplomb fou et une élégance sidérante dans un pêle-mêle de souvenirs orchestrés au cordeau par la main de l’auteur et metteur en scène Romain Gneouchev.
Une chose vraie : c’est ainsi que s’intitulait cette performance saisissante qui troublait les lignes entre le vécu et la fiction. « J’avais besoin que ça explose », confie l’actrice qui a, pendant longtemps, tenu sa maladie secrète : « Je ne voulais pas que les autres me voient à travers ça. » Et puis elle a changé d’avis : se taire, poursuit-elle, revient à « s’enterrer » dans une solitude intenable.
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12 commentaires
Une histoire à la fois déchirante et inspirante. Le public doit être marqué par son honneteté.
C’est triste de voir qu’elle s’attend à cette maladie, mais son combat est admirable. La scène doit être dure.
Un témoignage poignant qui montre le courage de cette actrice malgré un avenir incertain. Sa performance doit être vraiment marquante.
Je ne l’ai pas vue, mais j’imagine que c’est une pièce très intense.
Est-ce que cette mise en scène est vraiment thérapeutique, ou simplement un cri de détresse artistique ?
Si elle tient sa maladie secrète longtemps, c’est peut-être parce que l’expression artistique est son seul refuge.
Cette pièce semble être un défi autant pour elle que pour le public. Espérons qu’elle ne s’épuise pas trop.
Une maladie héréditaire qui coupe l’avenir en deux. Comment concilier travail et préparation à cette épreuve ?
La performance était si personnelle que la frontière entre réalité et fiction devient floue. Ysanis Padonou a du talent.
Le Festival d’Avignon semble attirer les performances courageuses cette année. Bravo à elle pour oser.
C’est courageux de partager son histoire alors que beaucoup aurait gardé cela pour eux. Le théâtre permet parfois de libérer de tels secrets.
Vrai, mais j’espère qu’elle ne sera pas réduite à cette maladie.