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Pendant des décennies, elle a été utilisée en routine dans les bilans sanguins, en médecine générale et en rhumatologie principalement. La vitesse de sédimentation (VS) vient d’être mise au rancart par la Haute Autorité de santé (HAS). Après un check-up complet (consultable dans un rapport de 127 pages), l’autorité indépendante a rendu son verdict, le 17 novembre, et il est sans appel : cet examen biologique est « dépassé » et « n’est plus utile ». Il n’a donc plus lieu d’être prescrit en soins courants.

Le principe de la vitesse de sédimentation, examen pratiqué depuis plus d’un siècle, est simple : il consiste à mesurer la hauteur de plasma (en millimètre), après incubation du sang dans un tube pendant une heure. Elle est considérée comme un marqueur indirect de l’inflammation, reflétant la concentration du sang en protéines de l’inflammation, principalement le fibrinogène.

Depuis une dizaine d’années, cette analyse jadis essentielle pour orienter un diagnostic ou suivre des patients atteints de maladies inflammatoires (comme le lupus, la polyarthrite rhumatoïde ou encore un lymphome) est de moins en moins prescrite. Des marqueurs de l’inflammation plus performants se sont en effet développés, comme la protéine C réactive (CRP). Mais la VS reste un réflexe chez bon nombre de médecins : en 2023, l’Assurance-maladie en a remboursé 16 millions, soit un budget de 12 millions d’euros.

Mesure peu spécifique

Saisie par l’Union nationale des caisses d’assurance-maladie, la HAS a réalisé une évaluation complète pour voir si des indications restaient pertinentes. La revue de la littérature conclut à trois inconvénients majeurs. D’abord, les résultats de la VS ne sont pas reproductibles. Ils peuvent varier de manière significative selon la technique utilisée, mais aussi lorsqu’une même technique est employée. Ensuite, c’est un marqueur indirect de l’inflammation, dont la cinétique est lente.

La VS n’augmente que vingt-quatre à quarante-huit heures après le début d’une inflammation et peut mettre des semaines à se normaliser après la guérison, ce qui rend l’interprétation délicate. Enfin, la mesure est peu spécifique car elle peut être affectée par de nombreux facteurs physiologiques (par exemple l’âge, le sexe, une grossesse) ou pathologiques sans lien avec un processus inflammatoire : anémie, obésité, insuffisance rénale…

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7 commentaires

  1. La santé est en constante évolution, et il est essentiel de suivre les recommandations des autorités comme la HAS pour éviter des analyses inutiles.

  2. Interessant de voir comment un test ancien peut finalement devenir obsolète. Cela montre l’importance de la recherche medicale pour améliorer la qualité des diagnostics.

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