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Le silence de Recep Tayyip Erdogan sur le Venezuela, pendant près de trois jours, a provoqué un débat d’une rare intensité en Turquie, entre le parti au pouvoir et la principale formation de l’opposition. Il y a d’abord eu les mots prononcés par Özgür Özel, samedi 3 janvier, quelques heures à peine après l’enlèvement de Nicolas Maduro par les forces américaines. Lors d’un meeting à Çankiri, au nord d’Ankara, le dirigeant du Parti républicain du peuple (CHP) a rappelé le soutien actif du président turc à son homologue vénézuélien après sa réélection controversée en 2018. « A l’époque, Erdogan disait : “Mon frère Maduro.” Aujourd’hui, Erdogan, qui a acheté des Boeing et offert des ressources naturelles précieuses à Trump pour obtenir une rencontre [à la Maison Blanche, le 25 septembre], n’a pas prononcé un seul mot au sujet de ce coup d’Etat au Venezuela. Il craint Trump et manque de courage », a lancé le leader sous les applaudissements du public.
Le lendemain, ce fut au tour du maire CHP d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, incarcéré depuis mars, et principal rival de Recep Tayyip Erdogan, de porter la charge dans un message publié sur X : « Ceux qui gouvernent notre pays par des politiques sans principes et des manœuvres personnelles se retrouvent muets face aux crises internationales. La voix de la Turquie s’est éteinte, cela nuit à notre pays. »
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8 commentaires
Les critiques de l’opposition semblent justifiées. Erdogan a l’air de privilégier ses intérêts haussiers sur les ressources naturelles à sa loyauté affichée envers Maduro.
C’est paradoxal, car la Turquie avait pourtant soutenu activement Maduro après les élections controversées de 2018.
Erdogan semble avoir abandonné Maduro bien rapidement. Est-ce une question de pragmatisme ou de peur face aux sanctions américaines ?
Sans doute un mélange des deux, surtout après l’achat de Boeing et les concessions faites à Trump.
Intéressant de voir comment les relations internationales influencent les politiques économiques locales. Les tensions actuelles pourraient-elles affecter les marchés des matières premières ?
En effet, l’impact sur les exportations de lithium et de métaux pourrait être significatif, surtout si la Turquie est impliquée.
La Turquie a toujours été un partenaire clé pour Maduro. Son silence actuel est surprenant et montre peut-être une crise de confiance.
Cela pourrait aussi refléter un changement stratégique dans les alliances de la Turquie.