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Une chape de plomb est retombée sur le peuple iranien. Dans le sang. Son soulèvement, déclenché le 28 décembre 2025 par la chute dramatique de la monnaie nationale, a été écrasé dans un déchaînement de violence inédit. C’est ce que laissent entrevoir les premiers témoignages recueillis difficilement. Le bilan de cette répression reste à ce jour impossible à établir, faute d’accès à Internet, coupé en préambule à la répression brutale, et faute évidemment de la possibilité pour la presse de faire librement son travail, mais il promet d’être terrible.

En brisant ainsi une contestation que le président iranien lui-même, Massoud Pezeshkian, avait jugée à ses débuts légitime, le pouvoir iranien a surtout montré sa faiblesse. Il faut dire que le mouvement de protestation, lié à des conditions de vie de plus en plus dramatiques, a rapidement désigné les responsables : un régime prêt à sacrifier l’avenir de son peuple, incarné par un Guide, Ali Khamenei, qui le conduit vers l’abîme.

Les Iraniens sont les mieux placés pour juger les résultats de ses choix désastreux. L’obstination à se doter de l’arme nucléaire, vue comme une assurance-vie contre toute attaque venue de l’extérieur, a produit un arsenal de sanctions internationales sous lesquelles ploie l’économie, plongeant les Iraniens dans la misère, malgré les richesses que compte leur pays. Dans le même temps, ces richesses restent accaparées par la caste organisée autour du régime, et notamment son pilier sécuritaire, le corps d’élite des gardiens de la révolution, manifestement en première ligne dans la répression.

Voix irresponsables

Le bilan est tout aussi catastrophique à l’extérieur. L’axe de milices affiliées à Téhéran, bâti à grands frais, a été réduit en lambeaux en 2024 puis en 2025 dans des vagues de bombardements israéliens. En Syrie, le régime de Bachar Al-Assad, porté à bout de bras, s’est effondré en moins de dix jours, fin 2024. Le pouvoir iranien est affaibli comme jamais. Le silence pesant, au plus fort de la contestation, de ses alliés russe et chinois l’a cruellement démontré après la perte d’un autre compère en répressions, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, enlevé par les forces spéciales américaines dans la nuit du 2 au 3 janvier.

Privée du moteur idéologique de ses débuts et de la légitimité que pouvaient dispenser des échéances électorales sous contrôle étroit, mais qui permettaient une apparence de respiration politique, la République islamique tourne à vide, repliée sur une minorité qui continue de la soutenir par intérêt. C’est ce que la brutalité sans doute sans précédent de l’écrasement du soulèvement populaire qui a saisi le pays, toutes classes sociales confondues, vient de démontrer tragiquement.

Face à cet état de décomposition avancée, trop de voix irresponsables qui n’avaient rien à redouter ont exhorté les Iraniens à défier la mitraille. Sans leur offrir autre chose que des promesses creuses. Donald Trump leur a ainsi assuré qu’une aide restée indéfinissable était « en route », alors que les manifestations avaient déjà cessé, avant d’adresser ses remerciements aux dirigeants iraniens pour avoir, selon lui, annulé des pendaisons d’opposants.

Ce cynisme fait le jeu du régime, surtout lorsqu’il s’ajoute aux expulsions d’Iraniens réfugiés aux Etats-Unis au nom de la chasse aux immigrés. Le crépuscule plein de dangers dans lequel s’enfonce le pouvoir iranien rend, au contraire, et plus que jamais, impérative la solidarité avec ceux qui osent le défier.

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