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Il a employé le mot que le Parti socialiste (PS) voulait entendre. Dans sa déclaration de politique générale lue à l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a annoncé, mardi 14 octobre, la suspension de la réforme des retraites « jusqu’à l’élection présidentielle ». Il s’agit d’une concession importante qui permet au premier ministre d’écarter, au moins pour un temps, le spectre d’une censure – dont le vote entraînerait la chute de son gouvernement. Sa décision a pour effet de stopper provisoirement le relèvement de l’âge légal de départ, mais ce processus a, ensuite, vocation à reprendre, dans le schéma présenté par le locataire de Matignon.
La loi du 14 avril 2023, relative à la transformation de notre système par répartition, a été, depuis la rentrée, au centre d’intenses tractations. Plusieurs formations politiques – en particulier le PS – exigeaient que le texte soit suspendu. Dans le collimateur du parti d’Olivier Faure, il y a, avant tout, une disposition emblématique : le report graduel de 62 à 64 ans de l’âge d’ouverture des droits à une pension (au rythme de trois mois par génération). L’entrée en application de cette règle se déroule en plusieurs étapes, jusqu’au début de la prochaine décennie. Ainsi, depuis le 1er octobre, les individus nés en 1963 peuvent partir à la retraite à 62 ans et 9 mois.
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7 commentaires
Cette suspension de la réforme des retraites est une victoire pour les partisans d’un système plus équitable.
Mais que se passera-t-il après l’élection présidentielle ?
Les détails de cette suspension restent flous, espérons que cela ouvre une vraie discussion.
Difficile de croire que ce report est définitif. La politique française a ses traditions, et le retour des retraite à 64 ans est probable.
Malheureusement, les promesses politiques ne valent pas grand-chose sans un engagement ferme.
Ce retard peut être une opportunité pour négocier des mesures adaptées aux réalités économiques actuelles.
Mais les syndicats seront-ils vraiment écoutés cette fois-ci ?