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Entre 2014 et 2020, le Venezuela a perdu 75 % de son produit intérieur brut (PIB), un record pour un pays qui n’est pas en guerre. En 2019, l’inflation atteignait 329 000 %, Nicolas Maduro l’a rappelé pendant sa campagne en 2024. Fuyant les pénuries, les pannes, l’hyperinflation et l’insécurité, 7,7 millions de Vénézuéliens ont dû émigrer.

« La crise a détruit l’épargne des ménages, la monnaie et l’Etat lui-même, qui est désormais incapable de fournir à ses citoyens les services de base que sont l’eau, l’électricité, le transport public, la santé ou l’éducation », résumait Asdrubal Oliveros, directeur du bureau d’études économiques Ecoanalitica, dans un article du Monde datant du 27 juillet 2024.

Nicolas Maduro et ses affiches de campagne attribuaient l’effroyable récession à la guerre économique menée par l’opposition et aux sanctions décrétées par les Etats-Unis, en 2015, et renforcées en 2019. Celles-ci empêchent le pays de vendre son or, son gaz et son pétrole, et la banque centrale d’opérer sur les marchés financiers. Washington les a levées en octobre 2023 contre la promesse d’une présidentielle ouverte et les a partiellement réinstaurées en avril, en constatant que M. Maduro ne jouait pas le jeu.

En 2022, le pays avait enregistré un taux de croissance de 7 %, avec une croissance espérée de 4 % en 2023. « Mais, rappelait en 2024 l’économiste Manuel Sutherland, chercheur à l’université centrale du Venezuela, l’économie du pays est aujourd’hui le quart de ce qu’elle a été et 4 % d’un quart, c’est peu. Pour retrouver son niveau de 2013, elle devrait progresser de 5 % pendant trente-deux ans. »

Le Venezuela possède pourtant les plus vastes réserves des pétrolières au monde mais, pour le moment, les exportations ne devraient pas reprendre tant que les sanctions américaines sont toujours en vigueur. Or, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a prévenu que les Etats-Unis continueraient, jusqu’à nouvel ordre, à appliquer le blocus pétrolier mis en place en décembre 2025 pour faire pression sur les nouveaux dirigeants vénézuéliens. Les mesures punitives américaines compliquent aussi l’importation de diluants, des hydrocarbures légers indispensables à l’exploitation du brut local, très visqueux.

A plus long terme, il faudra des années et des sommes colossales pour faire revenir la production vénézuélienne à son niveau maximal. Celle-ci s’est littéralement effondrée au cours des deux dernières décennies. Le Venezuela extrayait plus de 3 millions de barils par jour de son sous-sol au début des années 2000. Il en produit aujourd’hui à peine 900 000, moins de 1 % de l’offre mondiale. Le résultat d’années de corruption, de sous-investissements, de vols et d’incendies, qu’ont encore aggravé les multiples sanctions des Etats-Unis.

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13 commentaires

  1. Louis A. Leroy le

    La situation économique du Venezuela est particulièrement préoccupante. Les sanctions ont sûrement un impact, mais la gestion locale semble aussi en cause.

  2. Camille Richard le

    Maduro semble toujours blâmer l’extérieur pour les problèmes internes. Dommage qu’on ne voie pas plus de solutions concrètes.

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