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Arrêter le traitement d’un patient – hors d’état de s’exprimer – quitte à écourter sa vie : cette décision médicale conduit de plus en plus de familles à saisir la justice pour s’y opposer. Désamorcer ces conflits suppose un effort de communication chronophage pour les équipes médicales. Le recours à une médiation externe pourrait être une solution pour dégager le temps nécessaire à la résolution à l’amiable des litiges.
En France, 12 % des décès ont lieu dans des services de réanimation et de soins intensifs. 10 % d’entre eux sont consécutifs à une décision de « limitation ou d’arrêt de traitement » (LAT). S’ils estiment les thérapeutiques « inutiles, disproportionnées ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie », les médecins peuvent les interrompre au nom du refus de « l’obstination déraisonnable » aux termes de la loi Claeys-Leonetti de 2016.
Les familles n’ont aucun moyen de s’y opposer sauf à déposer un référé-liberté devant le tribunal administratif. Depuis 2017, les hôpitaux sont tenus de respecter un délai avant de mettre en œuvre une décision de LAT afin que les proches informés puissent saisir la justice.
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6 commentaires
La loi Claeys-Leonetti est un progrès, mais elle laisse encore trop de place à l’interprétation. Des critères plus clairs seraient nécessaires.
Ou peut-être qu’un accompagnement psychologique obligatoire des familles avant de prendre une décision aiderait.
La médiation externe semble être une piste intéressante, mais est-ce que les familles ont vraiment les moyens financiers pour y avoir recours ?
C’est un point crucial, la médiation devrait être accessible à tous, quel que soit leur situation économique.
Désamorcer ces conflits demande effectivement du temps, mais c’est essentiel pour la paix des familles et la sérénité des soignants.
Absolument, une communication efficace est la clé pour éviter ces drames humains et juridiques.