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Le 25 novembre 2025, l’Assemblée nationale a créé une commission d’enquête sur l’audiovisuel public, à l’initiative d’Eric Ciotti et du Rassemblement national (RN), qui se sont fait l’écho des attaques répétées des médias du groupe Bolloré contre les supposées dérives gauchistes de la radio et de la télévision publiques.
Cette offensive contre le service public audiovisuel n’est pas propre à la France. A Londres, la British Broadcasting Corporation (BBC) fait face à de graves accusations, relayées par les conservateurs et l’extrême droite, après la réalisation d’un montage vidéo jugé trompeur d’un discours de Donald Trump. Ce dernier a d’ailleurs porté plainte contre la BBC et réclamé 5 milliards de dollars [4,3 milliards d’euros] pour le préjudice qu’il aurait subi. Il avait, quelques mois plus tôt, supprimé les subventions à Public Broadcasting Service (PBS), l’audiovisuel public américain, soupçonné d’hostilité au Parti républicain.
Cette agitation politique ne doit pas masquer les vrais enjeux auxquels le service public doit faire face, compte tenu des bouleversements qui sont la conséquence de la révolution numérique. La pérennité de ce service, en France comme en Europe, dépendra de ses capacités d’adaptation à un paysage audiovisuel radicalement nouveau.
Face à ces défis, la position du RN et de ses alliés est simple : il suffit de se débarrasser de l’audiovisuel public en le privatisant, ce qui permettra d’économiser 4 milliards d’euros par an. En réalité, même si on fait abstraction du rôle majeur que jouent les médias publics en matière d’information et de création, cette privatisation ne paraît pas possible. En raison des critères de concurrence définis par Bruxelles, aucun opérateur privé français ne sera autorisé à reprendre les chaînes publiques. Il est même certain que les groupes TF1 et M6 s’y opposeront tant cette opération, qui augmenterait la pression sur le marché publicitaire, leur serait défavorable à un moment où eux-mêmes s’interrogent sur leur avenir.
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19 commentaires
La plainte de Trump contre la BBC pour 5 milliards de dollars est un coup de communication spectaculaire.
Les campagnes de diffamation coûteuses sont son arme préférée.
Les enjeux financiers du numérique vont bien au-delà des polémiques partisanes.
Le débat devrait se focaliser sur des solutions plutôt que des attaques.
L’audiovisuel public doit prouver sa pertinence dans l’ère digitale, c’est un fait.
Mais cela ne justifie pas les attaques frontales.
La suppression des subventions aux médias publics aux USA révèle une claire volonté idéologique.
Comme toujours, la neutralité des médias est un problème politique.
Mais ne soumettre les médias qu’à la publicité ne garantit pas plus d’équité.
Les critiques répétées contre l’audiovisuel public relèvent souvent d’une instrumentalisation politique.
Même si certaines réformes ne sont pas inutiles.
Les services publics, comme la BBC, jouent un rôle crucial dans l’information citoyenne.
À condition de maintenir une rigueur éditoriale exemplaire.
Mais il faut aussi reconnaître leurs efforts d’adaptation récente.
Les accusations réciproques entre politiques et médias publics nourrissent un climat de défiance dangereuse.
La polarisation politique menace bien plus que l’audiovisuel public.
Les attaques politiques contre l’audiovisuel public me semblent disproportionnées par rapport aux vrais défis qu’il affronte, notamment la transformation numérique.
Exact. Les réseaux sociaux et les plateformes privées sont bien plus problématiques pour la démocratie.
Mais ne pas reconnaître certaines dérives internes affaiblit la défense du service public.