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De l’autre côté de l’Atlantique, le démocrate Zohran Mamdani a été élu maire de New York le 4 novembre à l’issue d’une campagne centrée sur le coût de la vie, la vie quotidienne des habitants et en tout premier lieu sur le logement. Dans une métropole aux prix de l’immobilier indécents, ses promesses de geler les loyers des appartements réglementés et de construire des logements à bas prix ont fait son succès.
En France aussi, la crise née de la pénurie de logements crée de très fortes attentes. Sept Français sur dix affirment qu’il est devenu difficile de se loger dans leur commune, selon un sondage Odoxa publié le 18 novembre. Les citoyens placent le pouvoir d’achat en tête de leurs priorités, mais le logement devance, de très loin, tous les autres postes de dépenses. Il pèse pour un tiers du revenu des ménages, car, en vingt ans, les prix hors inflation du logement ont progressé de 88 % alors que le salaire moyen n’a augmenté que de 13 % entre 1996 et 2023. Pourtant, cette question demeure absente du débat politique.
« C’est un sujet technique, complexe, et c’est le temps long alors que la politique est de plus en plus une affaire de temps court », témoigne Valérie Létard. L’ancienne ministre du logement juge toutefois « indispensable » de répondre politiquement à la crise du logement « qui empêche de suivre des études, de créer un foyer, d’accepter une mobilité pour décrocher un travail, qui nourrit le mécontentement général et, indirectement, le vote en faveur de l’extrême droite ».
Emmanuelle Cosse, la présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui fédère les organismes HLM, lance, elle aussi, l’alerte : « Il faut faire du logement un sujet de la prochaine campagne présidentielle, dit-elle, pour ne pas laisser le RN [Rassemblement national] être le seul parti à imposer ses thèmes – la préférence nationale dans l’attribution des HLM ou la suppression des APL aux étrangers –, comme il l’a déjà fait lors des élections de 2022. »
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14 commentaires
88% d’augmentation sur 20 ans, seulement 13% pour les salaires… Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Et pourtant, le marché continue à se मीcrire comme si rien n’avait changé.
Quand comprendrez-vous que l’accès au logement est un droit humain et non un intérêt économique?
La question est complexe, mais l’équilibre entre intérêt général et économique semble brisé.
C’est alarmant de voir que le logement absorbe un tiers des revenus des ménages. Comment les politiques peuvent-ils ignorer un problème aussi fondamental?
Le logement devrait être une priorité nationale. Comment en faire un enjeu politique majeur?
Le logement comme moteur du vote extrême, c’est exploitable politiquement, mais est-ce vraiment la solution?
C’est plus un symptôme qu’une cause. Le vrai problème reste une offre insuffisante.
Pourquoi les politiques fuient-ils les sujets complexes? Le logement en est un parfait exemple.
Une crise silencieuse qui s’aggrave, mais peu de voix pour en parler. C’est dommage.
Construction de logements à bas prix, gel des loyers… Ces solutions ont-elles vraiment fait leurs preuves ailleurs?
À New York, Mamdani semble avoir convaincu avec ce programme. Mais il reste à voir les résultats à long terme.
Les pays nordiques ont eu des succès mitigés avec ces mesures. Tout dépend de l’équilibre trouvé.
Cette pénurie profite aux marchés immobiliers, mais pas aux citoyens. Un déséquilibre inquiétant.