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Livre. C’est une époque révolue. Celle d’un parti, le Rassemblement pour la République (RPR), capable de réunir près de 100 000 personnes à la porte de Pantin (Paris 19ᵉ) en 1977, qui compta jusqu’à 885 000 adhérents en 1986 et finança même un polar à sa gloire, La Nuit du risque (Sergio Gobbi, 1986). Dans ce « nanar » sur fond d’élections législatives, on croise devant la caméra Bernard Pons (1926-2022), Jacques Toubon, Philippe Séguin (1943-2010) et même Charles Pasqua (1927-2015) dans leur propre rôle.
Tous ces noms traversent aussi le livre de Pierre Manenti, Le RPR. Une certaine idée de la droite (Passés composés, 416 pages, 24 euros), qui retrace l’histoire de ce parti de sa création, le 5 décembre 1976, à sa dissolution dans l’UMP (Union pour une majorité présidentielle), le 21 septembre 2002. Ce jour-là, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), Jacques Chirac n’a pas fait le déplacement. Le président de la République enterre son parti sans fleurs ni couronnes, mais avec un simple message vidéo. C’est justement à l’histoire du post-gaullisme, qui se confond avec celle du « chiraquisme », que s’intéresse maintenant Pierre Manenti, ancien directeur de cabinet ministériel, après avoir écrit deux livres sur les barons du gaullisme et Charles Pasqua (déjà chez Passés composés).
D’un chapitre à l’autre, on voit un Jacques Chirac défendre un « travaillisme à la française », puis prendre un virage libéral thatchérien au milieu des années 1980. Le patron n’est jamais le reflet parfait du parti. Le RPR n’a jamais été un bloc monolithique. Véritable auberge espagnole, il voit cohabiter tant bien que mal les tenants d’un libéralisme à la française (Edouard Balladur, Nicolas Sarkozy), les défenseurs d’une droite sociale (Philippe Séguin) et les souverainistes revendiqués, comme Charles Pasqua.
Ouvriers et bourgeois
Grâce à des sources inédites et plus de cinquante entretiens, l’auteur livre un récit presque au jour le jour d’un parti où les amis d’hier sont les ennemis de demain et inversement. A défaut d’une analyse critique du RPR, cette chronique purement politique montre une droite bonapartiste (plus autoritaire) obligée de composer avec l’aile orléaniste (l’UDF de Valéry Giscard d’Estaing, plus libérale), mais être travaillée aussi par une porosité idéologique avec le Front national. C’est un des enseignements du livre : la question d’une alliance avec l’extrême droite agitait déjà les bureaux politiques du RPR. Cité aujourd’hui comme un rempart contre cette « union des droites », Jacques Chirac a de fait louvoyé sur le sujet.
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9 commentaires
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