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« C’est notre hémisphère. » Au lendemain de l’enlèvement de l’ex-président vénézuélien, Nicolas Maduro, c’est ainsi que le secrétaire d’Etat et conseiller à la sécurité nationale américain, Marco Rubio, justifiait l’opération. « C’est l’hémisphère occidental. C’est là que nous vivons. Nous n’allons pas laisser l’hémisphère occidental être une base d’opération pour les adversaires, concurrents et rivaux des Etats-Unis. » L’administration Trump n’en fait pas mystère, c’est en premier lieu la Chine, ainsi que la Russie, qu’elle voudrait bouter hors de ce qu’elle considère comme son pré carré.
« Rendre plus difficile pour nos concurrents non hémisphériques d’accroître leur influence dans la région », lit-on dans la stratégie de sécurité nationale qu’a présentée le président Donald Trump et qui a été publiée en décembre 2025. « Nous voulons que les autres nations nous voient comme leur partenaire de premier choix et (par divers moyens) nous découragerons leur collaboration avec les autres. » Washington est passé aux actes à Caracas le 3 janvier, après avoir déjà amplement menacé le Panama au printemps 2025 pour ses liens avec la Chine et, notamment, les deux ports situés aux extrémités de son canal, exploités par l’opérateur hongkongais CK Hutchison.
En apparence, l’idée de sphères d’influence autour des grands empires ayant besoin d’un espace à eux pourrait sembler séduire aussi le principal concurrent des Etats-Unis. Pékin, après tout, avait présenté, dès 2009, aux Nations unies une carte de la mer de Chine méridionale dont le pourtour était délimité par neuf traits rapprochés des côtes des autres Etats la bordant – Vietnam, Indonésie, Malaisie, Brunei, Philippines – pour affirmer que cette mer serait sienne naturellement, historiquement, à défaut de reconnaissance en droit international.
Lutte acharnée
Un peu plus au nord-est, la Chine soutient également que Taïwan est l’une de ses provinces dont le rattachement est « inévitable », malgré le désir profond des Taïwanais de maintenir leur identité et leur système démocratique. Donald Trump lui-même, durant sa campagne en juillet 2024, faisait ce constat simple que l’île est proche de la Chine et éloignée des Etats-Unis. L’illusion d’un partage des zones d’intérêts des deux géants pouvait sembler se dessiner.
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19 commentaires
La politique de pression de Trump semble plus idéologique qu’économique.
C’est souvent une erreur de mélanger les deux.
Les actes coercitifs des États-Unis pourraient réaliser l’effet inverse de leur objectif.
En effet, cela pourrait renforcer encore la coopération sino-latino.
Les déclarations tonitruantes de Rubio ne reflètent-elles pas un certain désespoir face à l’influence chinoise grandissante ?
Cela en a tout l’air, effectivement.
La rhétorique de Trump sur l’Amérique latine risque de compliquer davantage les relations avec la Chine, surtout dans un contexte de dépendance économique croissante.
La Chine est déjà bien ancrée en Amérique latine, et son influence ne fera que croître.
Effectivement, les sanctions économiques pourraient se retourner contre les États-Unis mêmes.
Les déclarations de Rubio montrent une vision fort dépassée de la géopolitique régionale.
Certes, mais les stratégies d’influence chinoise méritent aussi un examen critique.
La Chine a investi massivement dans les infrastructures latinos, notamment les ports. Remplacer cette influence ne sera pas simple.
Exact, et les pays Latam n’ont pas toujours intérêt à choisir un camp.
La Chine a tirée profit des faiblesses économiques de l’Amérique latine pour étendre son influence.
Les États-Unis devraient peut-être revoir leur approche, car la Chine a déjà implanté des projets majeurs.
Intéressant de voir comment les États-Unis tentent de contrecarrer l’influence chinoise, alors même que les deux pays restent interdépendants économiquement.
C’est une contradiction flagrante dans leur discours.
Les menaces de Washington envers le Panama et le Venezuela illustrent une politique agressive.
Risqué, surtout dans un contexte de tensions commerciales globales.