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« Selon l’évaluation du bureau du procureur, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité » ont été commis lors de la prise de contrôle de la ville d’El-Facher au Darfour en octobre, a rapporté, lundi 19 janvier, la procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), Nazhat Shameem Khan, informant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Une enquête en cours de l’instance judiciaire internationale a mis en évidence « des massacres et des tentatives de dissimulation des crimes par l’aménagement de fosses communes », et documenté « une campagne organisée et calculée » des éléments des Forces de soutien rapide (FSR) contre les communautés non arabes, a précisé la procureure fidjienne.

Des images analysées par la CPI montrent les paramilitaires « célébrant des exécutions directes et profanant des corps », a-t-elle aussi dénoncé, s’exprimant en visio après s’être vu refuser un visa en raison de sanctions américaines. « Le tableau qui se dessine est effroyable », et rappelle selon elle, les atrocités documentées à Al-Geneina, la capitale du Darfour-Ouest, où les FSR sont accusées par la CPI d’avoir tué jusqu’à 15 000 civils, pour la plupart issus de l’ethnie Masalit.

« Sentiment d’impunité »

Dans le Darfour, région occidentale du Soudan aussi grande que la France qui abrite plusieurs tribus non arabes − Four, Masalit, Berti, Zaghawa − les habitants font l’objet « de tortures collectives », a avancé Nazhat Shameem Khan, des violences qui « se poursuivront » jusqu’à ce que « le sentiment d’impunité soit stoppé ».

Elle a également réitéré un appel aux autorités soudanaises à coopérer pour l’arrestation de personnalités visées par des mandats d’arrêt, dont l’ancien président, Omar Al-Bachir, l’ancien ministre de la défense, Abdelrahim Mohamed Hussein. L’arrestation de l’ancien président du parti au pouvoir, Ahmed Haroun, recherché depuis 2007, « est une priorité », a-t-elle souligné. Cet ex-collaborateur d’Omar Al-Bachir fait face à 20 chefs d’accusation de crimes contre l’humanité et 22 autres de crimes de guerre pour son rôle dans le recrutement de la milice Janjawid, dont sont issues les FSR, accusée de massacres ethniques dans les années 2000. M. Haroun s’est évadé de prison en 2023 et s’est depuis affiché en soutien à l’armée.

Depuis avril 2023, une guerre meurtrière oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR), toutes deux accusées d’atrocités. Près de trois ans de guerre ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déraciné plus de 11 millions de personnes au Soudan, provoquant la « pire crise humanitaire au monde » selon l’ONU.

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15 commentaires

  1. Claire Bernard le

    Interesting update on La CPI dénonce des « massacres » commis au Darfour par le FSR. Curious how the grades will trend next quarter.

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