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Environ 350 tracteurs défilaient, mardi 13 janvier, dans Paris, réunis cette fois à l’appel de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et des Jeunes Agriculteurs. La manifestation, autorisée par la Préfecture de police, est passée par l’Arc de triomphe et les Champs-Elysées, avant de rejoindre le quai d’Orsay et l’Assemblée nationale. Elle est intervenue quelques jours seulement après celle des « bonnets jaunes » de la Coordination rurale, qui avaient mené, jeudi 8 janvier, des actions coup-de-poing et occupé des sites stratégiques parisiens, malgré les interdictions. Eux aussi avaient ciblé l’Assemblée nationale, dont ils ont chahuté la présidente, Yaël Braun-Pivet. Une opération escargot sur le périphérique parisien avait été également menée par la Confédération paysanne.

Cette colère ne cesse de se réactiver : depuis trois ans, les campagnes françaises sont régulièrement secouées par d’intenses mouvements de mobilisation agricole. Ils s’inscrivent dans une longue histoire protestataire, née au début du XXe siècle, qui a connu des phases plus ou moins intenses, notamment dans les années 1930 et les années 1960. Les manifestations actuelles utilisent – par le choix de leur adversaire, l’Etat, leur localisation, Paris, et la place occupée par la violence – un répertoire d’action bien établi, à la fois partagé et concurrentiel.

Se confronter aux symboles de l’Etat (Parlement, préfectures) ou de la politique (ministres, députés, fonctionnaires), à Paris comme dans d’autres départements, témoigne des relations ambivalentes entre le monde agricole et l’Etat, construites tout au long du XXe siècle. Dès la crise viticole de 1907, puis lors de la grande dépression des années 1930 et durant la période de modernisation (1945-1968), les agriculteurs se sont sans cesse tournés vers les pouvoirs publics pour obtenir protections et soutiens face aux conséquences de l’intégration de l’agriculture dans les marchés nationaux et internationaux : règlements sanitaires, lois protectionnistes, prix garantis, écoulement des stocks et aides financières massives. Tout cela a été obtenu en combinant négociations et manifestations, matinées de violence et d’action directe.

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21 commentaires

  1. Jean O. Bernard le

    Cette mobilisation s’inscrit dans une tradition protestataire vieille de plus d’un siècle. Les réponses politiques ont toujours été trop lentes.

  2. Pierre J. Petit le

    Cette nouvelle mobilisation montre que la réforme de la PAC doit aller plus loin. Les agriculteurs ont besoin de garanties solides.

  3. La violence de certaines actions inquiète. Mais peut-on vraiment blâmer des agriculteurs désespérés ? Le dialogue avec les institutions semble rompu.

  4. Ces manifestations rurales sont l’expression d’un malaise profond. Les campagnes payent un lourd tribut aux dysfonctionnements du modèle agricole actuel.

  5. 350 tracteurs dans Paris, c’est une image forte. Mais que demande-t-on exactement à l’État ? Une clarification des objectifs serait bienvenue.

  6. La colère paysanne est légitime, mais les blocages urbains nuisent aussi à d’autres économies. Comment concilier les intérêts ?

  7. Les agricultures françaises sont en première ligne de la transition écologique. Leur difficile situation mérite une attention particulière.

  8. Les agriculteurs français défendent leur survie. Les coûts de production s’envolent, et les prix ne suivent pas. Quand entendra-t-on leur voix ?

  9. Chloé W. Thomas le

    Les manifestations s’enchaînent, mais les résultats se font attendre. Quand le gouvernement va-t-il prendre des mesures tangibles ?

  10. La colère des agriculteurs semble sans fin. On comprend leur frustration face aux difficultés économiques, mais les blocages répétés dans Paris ne sont pas la bonne solution.

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