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La révision de la carte de l’éducation prioritaire est attendue depuis 2019, mais ceux qui l’espèrent devront encore patienter. Le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, l’a assumé, le 9 décembre 2025, devant l’Assemblée nationale : « Je ne crois pas avoir l’espace-temps politique suffisant » pour réformer ce dispositif, a-t-il déclaré.
Une actualisation d’ampleur est « objectivement nécessaire », reconnaît le ministre, mais nécessite « entre douze et dix-huit mois » de travail. Un « exercice long et délicat » qu’Edouard Geffray n’entend pas mener à l’approche des élections municipales de mars, puis de l’élection présidentielle d’avril 2027. Il est donc acté à la tête du ministère de l’éducation nationale qu’aucune refonte de la géographie de l’éducation prioritaire, qui concerne un collège public sur cinq et 1,7 million d’élèves, ne sera menée avant le nouveau mandat présidentiel.
A cette date, la carte, initialement pensée pour être revue tous les quatre ans, sera figée depuis douze ans. Le consensus est pourtant total sur son obsolescence, qui n’a cessé de s’aggraver à mesure que la pauvreté et la ségrégation sociale et spatiale se sont accrues en France. La Cour des comptes le soulignait dans un rapport de mai 2025, rappelant que « toute politique de zonage ou de labellisation comporte des effets de seuil et exige une actualisation régulière ».
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12 commentaires
La pauvreté augmente, mais la carte scolaire reste figée. Quelle est la logique derrière ça ?
Le ministre reconnaît le problème, mais préfère reporter la réforme.ironie.
La carte est obsolète, mais personne n’ose toucher à ce dossier explosif avant les élections…
C’est presque un classique en politique, hélas.
Un dispositif conçu pour des durées si longues devrait-il comporter des mécanismes de correction automatique ?
Un gel de douze ans, c’est énorme. Comment les établissements concernés peuvent-ils s’adapter avec des moyens aussi désuets ?
C’est effectivement inquiétant, surtout face à la hausse des inégalités.
Et si on fouillait du côté des financements alternatifs, comme les entreprises locales ?
1,7 million d’élèves concernés, et rien ne bouge. Le système profond est-il à ce point sconfiant ?
C’est une question qui mériterait une réponse plus précise que des vagues promesses.
Pourquoi attendre encore deux ans ? Les élèves méritent mieux qu’une carte dépassée.
La bureaucratie a encore frappé, semble-t-il.