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Des cafards dans les abreuvoirs des cochons, sur les sols, dans les auges et sur les murets. Les images de ces insectes proliférant dans deux élevages porcins des Côtes-d’Armor, à Plénée-Jugon et à Eréac, diffusées par l’association L214, jeudi 27 novembre, laissent entrevoir une situation sanitaire préoccupante. Ces deux élevages, qui comptent 7 000 cochons pour l’un et 1 200 pour l’autre, appartiennent à Bernard Rouxel, adhérent et président de la Cooperl, première coopérative porcine de France. Ses porcs alimentent notamment la Filière Qualité Carrefour. Sur les emballages de rôti, lardons et jambon de cette marque distributeur, on trouve d’ailleurs fréquemment le visage de « Bernard, producteur engagé », souriant devant un paysage champêtre.
Les images de L214, tournées entre septembre et mi-novembre, montrent un tout autre décor. Comme près de 95 % des porcs élevés en France, les cochons de ces deux élevages naissent et grandissent dans des bâtiments fermés, bétonnés, sur des caillebotis sans aucun accès à l’extérieur. Nombre de porcelets visibles sur les images de l’association ont subi une caudectomie, c’est-à-dire une section de leur queue, une pratique mutilante interdite en routine, pour laquelle des dérogations ne peuvent être accordées qu’à quelques conditions strictes, notamment la présence de matériaux d’enrichissement (pour éviter l’agressivité liée à la forte densité) et d’un environnement adapté. L’association a également filmé des séquences de « claquage », où des porcelets – malades, blessés, ou trop chétifs –, sont tués en étant projetés contre un sol ou un muret.
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11 commentaires
Des images choquantes, mais rien de surprenant. Les conditions dans les élevages industriels sont souvent bien pires que ce que l’on imagine.
La Coopérlige vend des produits gentiment avec les images de paysages bucoliques, alors que la réalité est tout autre.
Ces élevages approvisionnent Carrefour, qui se targue pourtant de qualité. Un comble !
Ces images sont vraiment inquiétantes. On se demande comment des élevages avec de telles conditions sanitaires peuvent passer inaperçus.
C’est effectivement choquant, surtout quand on sait que ces produits finissent dans le commerce.
Les contrôles doivent être plusstrict, c’est inacceptable.
Ces élevages fermés sont peut-être efficaces, mais au détriment du bien-être animal et de la santé publique.
Comment peut-on accepter une telle infestation ? Ces élevages devraient être fermés immédiatement.
La préfecture affirme qu’il n’y a aucune non-conformité. Doit-on leur faire confiance ou faudrait-il des inspections indépendantes ?
La caudectomie est interdite, mais semble encore pratiquée. Comment les autorités laissent-elles faire cela ?
C’est un problème de contrôle et de sanctions trop laxistes.